Des eurodéputés à Rome pour enquêter sur l’utilisation d’un logiciel espion
Une délégation d’eurodéputés de la commission des Libertés civiles, de la Justice et des Affaires intérieures du Parlement européen se rendra à Rome vendredi 30 mai pour enquêter sur l’utilisation d’un logiciel espion par l’Italie.
Une délégation d’eurodéputés de la commission des Libertés civiles, de la Justice et des Affaires intérieures (LIBE) du Parlement européen se rendra à Rome vendredi 30 mai pour évaluer les derniers développements dans l’enquête sur l’utilisation d’un logiciel espion de la société Paragon Solutions par l’Italie.
L’affaire avait suscité l’indignation nationale après les dénonciations publiques du directeur du média en ligne Fanpage, Francesco Cancellato, et du chef de la mission Mediterranea Saving Humans, Luca Casarini.
Francesco Cancellato, dont le média a publié des enquêtes majeures sur le parti de Giorgia Meloni, Frères d’Italie, et Luca Casarini, engagé dans des opérations de sauvetage de migrants en mer, ont tous deux révélé avoir reçu des avertissements de Meta les informant que leurs appareils avaient été « compromis par une opération de logiciel espion de haut niveau utilisant l’un des outils de surveillance les plus sophistiqués disponibles ».
Graphite, un outil de surveillance avancé développé par la société israélienne Paragon Solutions, aurait été utilisé par les autorités italiennes après avoir obtenur le feu vert du gouvernement afin de surveiller des journalistes et des militants d’ONG.
Malgré des appels répétés à la transparence, le gouvernement italien a refusé de divulguer davantage d’informations sur l’affaire, affirmant que des éclaircissements ne seraient fournis qu’à la commission parlementaire chargée de superviser les services de renseignement (COPASIR), qui examine actuellement les allégations.
La délégation de la commission LIBE, menée par l’eurodéputé Sandro Ruotolo (Socialistes et Démocrates européens, S&D), rencontrera les victimes du logiciel espion dans la matinée, notamment Francesco Cancellato et Luca Casarini. Ensuite les eurodéputés devraient rencontrer des représentants d’organisations syndicales de journalistes et Amnesty International.
Après-midi, ils discuteront avec des membres de la COPASIR.
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]