Des « états des lieux » entre Commission et travailleurs pour rassurer les syndicats
La Commission européenne a promis d’organiser des consultations régulières avec les représentants des travailleurs de l’UE, dans une tentative apparente d’apaiser les craintes des travailleurs face à l’agenda de Bruxelles, de plus en plus favorable aux entreprises.
La Commission européenne a promis d’organiser des consultations régulières avec les représentants des travailleurs de l’Union européenne (UE), dans une tentative apparente d’apaiser les craintes des travailleurs face à l’agenda de Bruxelles, de plus en plus favorable aux entreprises.
Esther Lynch, secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats — la plus grande confédération syndicale d’Europe —, a confié à Euractiv que le commissaire à l’Économie et à la Productivité, Valdis Dombrovskis, avait accepté de mener des « états des lieux de la réalité des travailleurs » périodiques, au cours desquels les groupes syndicaux pourraient exprimer et discuter leurs points de vue sur les initiatives clés de l’UE.
Esther Lynch a ajouté que cet engagement, pris lors d’une réunion privée entre elle et le commissaire ce mercredi, était « vague sur les détails », mais qu’il pourrait aider à apaiser les inquiétudes selon lesquelles les efforts de la Commission pour réduire la paperasserie finiraient par affaiblir les droits des travailleurs.
« Ce que j’ai compris de la conversation, c’est que [Valdis Dombrovskis] s’est engagé à offrir une véritable opportunité aux travailleurs de faire le point sur leur réalité, et qu’il ne se contentera pas d’écouter les PDG », a indiqué Esther Lynch, dont l’organisation représente 45 millions de travailleurs européens.
Elle a ajouté qu’elle était « encouragée » par le fait que le commissaire européen ait reconnu, au cours de la réunion, qu’il y avait « une différence entre l’analyse de la réalité faite par un PDG et celle faite par un travailleur ».
Cependant, elle a averti que les consultations ne devront pas être un exercice « unique » ou juste pour « cocher de cases », et que la Confédération européenne des syndicats « suivra de près [Valdis Dombrovskis] pour obtenir des détails sur la manière exacte dont l’engagement qu’il a pris d’écouter les travailleurs » sera « mis en pratique ».
Un porte-parole du cabinet du commissaire à l’Économie a refusé de commenter ces affirmations, mais dans la lettre de mission qu’elle avait envoyée à Valdis Dombrovskis, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait donné l’instruction à ce dernier de procéder à des « états des lieux » similaires.
Le commissaire à l’Économie et d’autres hauts fonctionnaires de la Commission ont rencontré cette semaine des entreprises, des organisations non gouvernementales (ONG) et des syndicats de l’UE afin de discuter des détails du projet de loi « Omnibus » de l’exécutif européen, qui devrait être publié à la fin de ce mois.
Ce paquet, qui devrait être le premier d’une longue série au cours du mandat à venir, proposera une « simplification de grande envergure » dans plusieurs de domaines, dont la finance durable et les rapports de devoir de vigilance, selon un plan officiel dévoilé par la Commission le mois dernier.
BusinessEurope, un groupe de lobbying patronal influent, a déclaré à la suite de la « table ronde sur la simplification » de jeudi qu’il ne remettait pas en question les objectifs des lois de l’UE sur la chaîne d’approvisionnement et le développement durable des entreprises, mais qu’il soulignait qu’elles devraient être rendues « pratiques et réalisables pour les entreprises ».
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(AM)