Des entreprises tchèques soupçonnées de contourner les sanctions contre la Russie
Malgré les sanctions de l’UE, des machines fabriquées en République tchèque continuent d’atterrir en Russie — parfois via des routes détournées en Serbie.
Malgré les restrictions imposées par l’Union européenne, plusieurs entreprises tchèques continueraient d’exporter vers la Russie des biens interdits, selon une enquête du média en ligne Deník N, basée sur des données douanières et une liste transmise par le bureau du président ukrainien Volodymyr Zelensky.
Huit entreprises sont mentionnées pour avoir potentiellement contourné les sanctions européennes en 2023, notamment en exportant des machines industrielles sensibles, comme des équipements de découpe de métal. Les autorités tchèques ont lancé une enquête il y a deux semaines pour faire la lumière sur ces transactions.
Les données douanières montrent que certaines marchandises ont atteint la Russie en passant par la Serbie. Deux entreprises serbes — FAF Invest et Vamars — auraient servi d’intermédiaires. Créées après le début de la guerre en Ukraine, elles n’ont ni antécédents dans le secteur des machines ni présence en ligne, et semblent n’avoir joué qu’un rôle logistique.
Parmi les entreprises mises en cause figure Pilous, basée à Brno. Bien que ses dirigeants affirment avoir perdu le contrôle de la filiale russe après le début de l’invasion de l’Ukraine, des machines de la marque continuent d’apparaître à l’adresse de son ancien site à Saint-Pétersbourg.
Selon Jiří Skuhrovec, analyste de la société Datlab, les registres russes d’importation continuent bel et bien de faire apparaître des produits originaires de République tchèque, en dépit des interdictions. Ces derniers sont souvent acheminés via des pays tiers.
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]