Des députés britanniques exhortent David Cameron à abandonner le statu quo de l’UE

Un groupe de députés conservateurs eurosceptiques publie un manifeste aujourd’hui (16 janvier), deux jours avant le discours historique du premier ministre David Cameron sur l’Europe. Ces députés déclarent que « le statu quo n’est plus une option » et demandent « une nouvelle relation différente » avec l’Union européenne.

EURACTIV.com
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Un groupe de députés conservateurs eurosceptiques publie un manifeste aujourd’hui (16 janvier), deux jours avant le discours historique du premier ministre David Cameron sur l’Europe. Ces députés déclarent que « le statu quo n’est plus une option » et demandent « une nouvelle relation différente » avec l’Union européenne.

 

Le groupe « Fresh Start » (« Nouveau départ »), constitué d’environ 100 des 304 députés du Parti conservateur, présente des propositions en vue de rapatrier des pouvoirs législatifs au Royaume-Uni et de réduire de milliards de livres par an la contribution de la Grande?Bretagne pour son adhésion à l'UE.

David Cameron exposera son point de vue sur l'avenir de la Grande-Bretagne dans l'UE dans un discours longuement attendu à Amsterdam vendredi (18 janvier). Il devrait présenter des projets de renégociation des relations de la Grande-Bretagne avec l'Europe, qui feront ensuite l'objet d'un référendum, probablement en 2018.

Le manifeste du groupe « Fresh Start » recommande quatre révisions des traités de l'UE : le rapatriement de toutes les lois sociales et relatives à l'emploi, comme la directive sur le temps de travail ; un désengagement de toutes les mesures existantes en matière de police et de justice pénale ; un « frein d'urgence » sur toute nouvelle législation concernant les services financiers et la fin du déplacement mensuel du Parlement européen entre les sièges de Bruxelles et de Strasbourg.

Menace de retenue des fonds

Ces députés britanniques ont également évoqué la possibilité de retenir les fonds britanniques des systèmes de développement de l'UE s'ils n'étaient pas réformés en vue d'inciter à une « négociation profonde » des priorités budgétaires.

« La situation en Europe signifie que la méthode de fonctionnement de l'UE changera certainement de manière significative », ont-ils affirmé.

« Dans les années à venir, le Royaume-Uni aura plusieurs occasions de récupérer le pouvoir de Bruxelles. Il s'agit de l'occasion parfaite pour nous de négocier une relation radicalement différente avec l'UE, qui serve efficacement les intérêts de la Grande-Bretagne. »

Dans un entretien avec EURACTIV, Dominic Raab, un membre dirigeant du groupe « Fresh Start » et l'auteur du chapitre du manifeste consacré à la justice et aux affaires intérieures, a déclaré : « Nous voudrions être des partenaires opérationnels efficaces et solides, mais cela ne devrait pas signifier […] que nous cédons au contrôle démocratique. »

Les États-Unis mis de côté

M. Raab a indiqué qu'il était en faveur de deux référendums au Royaume-Uni : l'un pour valider la position de négociation du pays en Europe et l'autre pour valider les négociations.

Il a répliqué aux critiques des États-Unis concernant l'euroscepticisme britannique en affirmant que les États-Unis se désintéresseraient de plus en plus de l'Europe, car ils font pression en faveur d'une attention plus particulière sur l'Asie pacifique.

« J'estime que les europhiles et les eurosceptiques s'accorderaient tous les deux sur le fait que les États-Unis ne comprennent pas vraiment ce qu'il se passe dans l'UE. Plus l'UE devient fédéraliste et centralisée, plus le rôle du Royaume-Uni s'érodera », a-t-il précisé.

Le manifeste de « Fresh Start » devrait probablement faire pression sur David Cameron, mais également augmenter les tensions au sein du Parti conservateur, où les membres modérés sont toujours en faveur d'un engagement plus intense dans l'UE.