Des budgets faibles pour la R&D menacent la compétitivité de l’UE [FR]

Une initiative de l’UE visant à créer un espace commun de la recherche a aidé à rendre l’UE plus attractive pour les scientifiques étrangers, mais les dépenses pour la science et la recherche sont toujours beaucoup trop faibles par rapport aux Etats-Unis ou au Japon, selon une nouvelle étude.

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Une initiative de l’UE visant à créer un espace commun de la recherche a aidé à rendre l’UE plus attractive pour les scientifiques étrangers, mais les dépenses pour la science et la recherche sont toujours beaucoup trop faibles par rapport aux Etats-Unis ou au Japon, selon une nouvelle étude.

L’étude montre que dix sept Etats membres, principalement ceux qui sont en retard par rapport aux dépenses dans le secteur de la R&D, ont augmenté leurs budgets de recherche entre 2000 et 2006. Mais les dix autres les ont diminués, laissant les dépenses totales de l’Union s’enliser à 1,84 % du PIB depuis 2005, loin derrière les Etats-Unis (2,6 % du PIB), le Japon et la Corée du Sud, a fait remarquer le commissaire à la Recherche Janez Potocnik. 

Il a déclaré :  « Vu le contexte de la crise actuelle, ce n’est pas le moment de relâcher l’effort d’investissement dans la recherche et l’innovation. C’est vital si l’Europe veut sortir plus forte de la crise économique et relever les défis du changement climatique et de la mondialisation ». 

Performance moyenne  

Dans le contexte de la stratégie de Lisbonne pour la croissance et l’emploi (voir LinksDossier  EURACTIV), les dirigeants de l’UE se sont fixé le but d’augmenter les dépenses de R&D de 3% du PBI, ce qu’ils ont reconnu comme nécessaire pour garder l’Europe compétitive et faire de la notion de société fondée sur la connaissance une réalité.
Si je devais évaluer l’Europe, je dirais que sa performance est moyenne, a déclaré M. Potocnik lors de la présentation d’un rapport sur les progrès de l’UE dans le domaine de la R&D et de l’innovation. Il a en outre souligné que l’UE a un bon potentiel mais qu’elle peut faire mieux. 

Selon le commissaire, ce constat déprimant résulte de la diminution des investissements privés dans l’UE, au moment où ils ont substantiellement augmenté aux Etats-Unis, au Japon et en Chine. Ce dernier pays, en particulier, se dégage en tant que nouvel acteur de la science et de la technologie, avec un taux de croissance dans le secteur de la R&D de 50 % entre 2000 et 2006, a expliqué le commissaire.

M. Potocnik a appelé à plus d’investissements du secteur privé et plus d’implication de la part de l’industrie de la haute technologie. Pour le moment, le secteur de la haute technologie représente 12 % du PIB de l’UE, alors qu’aux Etats-Unis, ce chiffre s’élève à 18 %. Les gouvernements doivent créer des conditions favorables pour des marchés à croissance rapide et propices à l’innovation et permettre un accès moins dispendieux au système européen de brevets, a-t-il indiqué (lire le LinksDossier sur le brevet communautaire). 

Une enquête récente a montré que les citoyens sont en faveur de l’augmentation des budgets de la R&D tandis que des craintes s’élèvent par rapport au fait que la crise économique actuelle pourrait conduire à des coupures dans les budgets nationaux (EURACTIV 13/01/09). 

L’espace européen de la recherche tient ses engagements

Les Européens ont également fait part de leur soutien pour un espace européen coordonné de la recherche qui, selon M. Potocnik, a commencé à donner des résultats encourageants (EER ; cf. le LinksDossier d’EURACTIV). L’UE s’est ouverte au monde et devient de plus en plus attractive pour les investissements étrangers, les étudiants et les chercheurs, a-t-il relevé. 

Des chiffres montrent que le nombre de chercheurs augmente deux fois plus rapidement dans l’UE qu’aux Etats-Unis et au Japon depuis 2000, même si la part de chercheurs dans la force de travail de l’UE est toujours plus faible en comparaison de ses principaux concurrents.