Des associations de Clichy seront reçues par le Parlement européen

Après l’appel à l’aide aux institutions européennes d’associations de Clichy-sous-Bois, publié par le journal Libération, le Parlement européen a indiqué qu’il recevra la délégation. Le président de la Commission réserve sa réponse.

EURACTIV.fr
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Après l’appel à l’aide aux institutions européennes d’associations de Clichy-sous-Bois, publié par le journal Libération, le Parlement européen a indiqué qu’il recevra la délégation. Le président de la Commission réserve sa réponse.

José Manuel Barroso répondra à l’appel des associations de Clichy-sous-Bois. C’est ce qu’a indiqué à EURACTIV.fr le cabinet du président de la Commission européenne, après la publication, dans Libération, mardi 26 octobre, d’une tribune par des associations de cette ville de région parisienne. Les auteurs interpellent les dirigeants européens sur la situation des banlieues françaises. 

En revanche, il n’est pas certain que M. Barroso puisse recevoir les auteurs du texte. « Son calendrier est très chargé », précise l’un de ses collaborateurs.

Egalement interpellée par les associations clichoises, la présidente de la commission du Développement régional du Parlement européen, Danuta Hübner (PPE) a quant à elle répondu favorablement à la requête. Selon son bureau, contacté par EURACTIV.fr, « Danuta Maria Hübner sera ravie de recevoir ce groupe de Clichy-sous-Bois ». Le cabinet de Mme Hübner a proposé deux options aux représentants des associations : rencontrer les eurodéputés lors de la réunion de la commission Développement régional qui se déroulera à Bruxelles le 27 et 28 octobre, ou organiser un autre entretien avec la député européenne dans les jours à venir.

La délégation des eurodéputés Europe Ecologie a aussi répondu à l’appel des associations. « C’est avec plaisir qu’elle (la délégation Europe Ecologie ndrl) invitera les auteurs de ce texte à venir à Bruxelles afin de débattre des capacités de l’Union européenne à apporter des réponses aux problèmes que connaissent les habitants des « quartiers » en Europe », indique un communiqué de presse.

« Le gouvernement nous oublie »

Selon les associations à l’initiative de la tribune, les promesses faites par le gouvernement français de mettre en place un plan Marshall pour les banlieues « se sont envolées » après l’embrasement de plusieurs communes en France en 2005. « Pas la misère, pas l’isolement, pas la réclusion », ajoute le texte.
 
Le gouvernement ayant été  incapable de tenir ses engagements, les associations de Clichy-sous-Bois, d’où sont parties les émeutes, ont décidé de s’adresser directement aux institutions européennes. « C’est notre devoir de dire que le gouvernement de notre pays nous oublie. C’est pourquoi nous nous adressons à l’Europe qui a su récemment par la voix de son Parlement et de sa Commission prendre ses responsabilités et se montrer garante d’un certain esprit de justice et de respect de la personne humaine et des peuples », indique le texte. Une allusion aux récentes polémiques entre la France et la Commission au sujet du traitement des Roms expulsés hors de France. 

Reste à savoir quelles sont les marges de manœuvre concrètes de l’Europe pour répondre aux inquiétudes des banlieues françaises. L’intervention directe de l’UE ne peut qu’être limitée. Des fonds européens dédiés à l’insertion et à la réhabilitation de quartiers en difficulté, comme le Fonds social européen (FSE), existent. Mais chaque État est souverain pour gérer ces fonds. L’UE ne peut en aucun cas contraindre les gouvernements à investir dans une action précise.

Au Parlement européen, le bureau de Danuta Maria Hübner a assuré qu’elle travaillerait sur le sujet. « Mais avant cela, il faut que le collectif de Clichy-sous-Bois puisse exposer sa situation et ses doléances à l’eurodéputée », a précisé un proche de Mme Hübner.