Des allégations de fraude remettent en cause le résultat de l’élection présidentielle polonaise
Des soupçons d’irrégularités dans le dépouillement des votes du second tour de la présidentielle polonaise, tenu au début du mois, ont conduit la Commission électorale nationale à ouvrir une enquête.
Des soupçons d’irrégularités dans le dépouillement des votes du second tour de la présidentielle polonaise, tenu au début du mois, ont conduit la Commission électorale nationale à ouvrir une enquête.
Le scrutin du 1er juin a vu Karol Nawrocki, soutenu par le parti conservateur Droit et Justice (PiS), l’emporter face à Rafał Trzaskowski, représentant de la Plateforme civique (PO), le parti du Premier ministre Donald Tusk.
L’écart entre les deux candidats est resté très serré : moins de 400 000 voix les séparent sur près de 21 millions de suffrages exprimés, alimentant les doutes sur la régularité du vote.
À l’issue du scrutin, des signalements de dysfonctionnements ont rapidement émergé, certains suggérant que des voix auraient été indûment transférées d’un candidat à l’autre, faussant potentiellement les résultats. Face à ces allégations, la coalition gouvernementale a réclamé une enquête approfondie.
Ryszard Kalisz, ancien homme politique de gauche désormais membre de la Commission électorale nationale (PKW), a annoncé ce week-end qu’une réunion d’urgence de la Commission se tiendrait lundi 9 juin afin d’examiner les irrégularités signalées. La Commission dispose de peu de temps, car elle devait officiellement remettre le certificat d’élection à Karol Nawrocki mercredi 11 juin.
Cependant, le service de presse de la Commission électorale a informé plusieurs médias lundi que la Commission ne se réunirait pas ce jour-là, ce qui signifie que sa prochaine session aura lieu mercredi, soit le jour où elle devra confirmer la victoire du candidat conservateur.
En Pologne, la Cour suprême est chargée de valider les résultats des élections présidentielles, conformément à la Constitution. Après l’annonce officielle des résultats des élections, les citoyens disposent d’un délai de 14 jours pour déposer des recours électoraux. La date limite est fixée au lundi 16 juin, et à la date du 9 juin, la Cour suprême a indiqué que 28 recours avaient été reçus.
Le climat politique est tendu, mais le Premier ministre Donald Tusk tente de calmer les esprits. Vendredi dernier, il a assuré que toutes les anomalies signalées feraient l’objet d’un examen rigoureux. Il a également promis que toute fraude avérée serait sanctionnée.
« Je comprends les émotions, mais supposer d’emblée que l’élection a été truquée ne sert pas les intérêts de l’État polonais », a-t-il écrit sur le réseau social X.
Le président sortant Andrzej Duda, ancien membre du PiS resté proche du parti, a accusé la coalition au pouvoir de semer la controverse pour tenter d’annuler un résultat électoral défavorable.
« On a le sentiment que les postcommunistes, avec la gauche libérale, veulent truquer les récentes élections présidentielles en Pologne, qui sont déjà jouées, et nous priver de notre liberté de choix. Ne les laissons pas faire ! », a commenté Andrzej Duda sur X.
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Suite à la victoire du conservateur Karol Nawrocki lors de l’élection présidentielle polonaise, le Premier…
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]