Démission du premier ministre monténégrin

Le premier ministre du Monténégro, Milo Djukanovi?, une figure controversée suspectée d'entretenir des liens avec le crime organisé, devrait démissionner aujourd'hui (21 décembre), ce qui devrait contribuer à l'intégration européenne du pays.

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Le premier ministre du Monténégro, Milo Djukanovi?, une figure controversée suspectée d'entretenir des liens avec le crime organisé, devrait démissionner aujourd'hui (21 décembre), ce qui devrait contribuer à l'intégration européenne du pays.

L’agence AP, citant les médias locaux, a déclaré que M. Djukanovic, qui avait mené la petite nation adriatique vers son indépendance de la Serbie en 2006, devrait être remplacé par l’actuel ministre des finances et vice premier ministre Igor Luksic.

 Aucune raison n'a été fournie quant à sa démission. M. Djukanovic avait déjà démissionné en 2006, mais avait repris le poste de premier ministre en février 2008.

M. Djukanovic était âgé de 29 ans lorsqu’il est devenu le plus jeune premier ministre en Europe, en 1991. Il a été élu président du Monténégro en 1998, avant d'occuper à nouveau le poste de premier ministre en 2002 et en 2008. Il est le leader balkanique qui peut se targuer de la plus grande ancienneté.

On s’attend à ce que le départ de M. Djukanovic améliore le climat entre Bruxelles et Podgorica. Le Monténégro a officiellement reçu le statut de pays candidat à l’adhésion européenne lors d’un sommet de l’UE qui s’est clôturé vendredi passé.

Le gouvernement monténégrin a récemment été accusé d’être impliqué dans une opération de contrebande de tabac. Un tribunal a innocenté Miroslav Ivaniševi? – un ancien fonctionnaire travaillant pour le premier ministre Milo Djukanovi? – des charges de contrebande, jugeant que celui-ci avait agi dans le cadre du droit monténégrin. M. Djukanovic a également été inculpé mais a bénéficié de l’immunité.

En mai, le journal britannique The Independent a cité M. Djukanovic comme étant le 20ème dirigeant mondial le plus riche, avec une fortune estimée à 10 millions de livres sterling (12 millions d’euros). Le journal qualifiait le dirigeant monténégrin de « mystérieusement riche », faisant référence aux allégations de contrebande niées par l'intéressé.

Le Monténégro est considéré comme un emplacement de choix pour le blanchiment d’argent. Selon l’eurodéputé conservateur Charles Tannock, rapporteur sur le Monténégro au sein de la Commission des affaires étrangères du Parlement européen, c’est un endroit très facile d’accès pour le crime organisé, où celui-ci achète de grandes quantités d’euros non déclarés à travers le système bancaire pour ensuite les blanchir pour des billets venants d’une autre juridiction.

Le Monténégro n’a jamais possédé sa propre monnaie à notre époque. Après avoir utilisé le Deutschemark allemand pendant six ans, il a unilatéralement adopté l’euro en 2002, lorsque l’Allemagne est entrée dans la zone euro avec les autres membres de l’UE.