Démission de George Papandreou : le gouvernement intérimaire prendra le relais

Le premier ministre grec a démissionné hier (6 novembre), ouvrant ainsi la voie à un gouvernement intérimaire d’unité nationale, dont la mission première sera de mettre en oeuvre le plan de l’UE adopté lors du récent sommet de la zone euro, visant à réduire la dette grecque de 50 %. Des élections anticipées auront lieu en février.

EURACTIV.com
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Le premier ministre grec a démissionné hier (6 novembre), ouvrant ainsi la voie à un gouvernement intérimaire d’unité nationale, dont la mission première sera de mettre en oeuvre le plan de l’UE adopté lors du récent sommet de la zone euro, visant à réduire la dette grecque de 50 %. Des élections anticipées auront lieu en février.

Après être revenu sur ses pas à plusieurs reprises suite à l'annonce-surprise de son souhait d'organiser un référendum sur l'accord visant à éviter la faillite de son pays conclu lors du sommet de la zone euro le 27 octobre, M. Papandreou a finalement décidé de démissionner.  

La nouvelle a été annoncée suite à une réunion avec le président grec, Karolos Papoulias, en présence d'Antonis Samaras, le leader du parti de centre-droit dans l'opposition Nouvelle démocratie.

Il a été précisé dans un communiqué de la présidence que MM. Papandreou et Samaras se rencontreraient à nouveau pour décider qui dirigerait le gouvernement de coalition. Il a toutefois été clairement mentionné que M. Papandreou ne serait pas à la tête du nouveau gouvernement. M. Samaras a insisté pour qu'il démissionne avant que les négociations ne débutent.

« Une réunion d'urgence sera organisée entre les représentants des deux parties pour définir les obligations qui découlent de la mise en oeuvre de l'accord [conclu lors du sommet sur la zone euro] », a déclaré M. Papoulias, cité par le quotidien Kathimerini.

Le président a ajouté que le gouvernement intérimaire organiserait des élections dès que l'accord conclu par la zone euro aurait été mis en application. Ces élections pourraient bien avoir lieu en février.

Lucas Papademos, futur premier ministre ?

Parmi les candidats possibles à la succession de M. Papandreou, l'ancien vice-président de la Banque centrale européenne, Lucas Papademos, est en tête de liste, mais ce professeur d'Harvard n'était apparemment pas en Grèce hier soir.

Le nom de l'actuel ministre socialiste des finances, Evangelos Venizelos, fait aussi partie de ceux qui circulent en ce moment.

Toutefois, selon le quotidien To Vima, suite aux chamailleries qui ont opposé MM. Papandreou et Samaras, M. Papademos, très respecté et Grèce et jouissant d'une expérience universitaire et financière solide, serait le candidat du compromis. 

M. Venizelos représentera la Grèce lors de la réunion de l'Eurogroupe aujourd'hui à Bruxelles. Olli Rehn, le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, a déclaré qu'il insisterait avec ses collègues pour que M. Venizelos les mette au fait de l'évolution de la situation en Grèce.

La principale tâche du prochain premier ministre sera de regagner la confiance de la zone euro pour qu'Athènes puisse s'assurer le versement de la sixième tranche du premier renflouement.

Si la Grèce ne reçoit pas ce versement de 8 milliards d'euros à la mi-décembre, elle risque un défaut de paiement désordonné. Le nouveau premier ministre devra également superviser les négociations sur le nouveau renflouement. Les mesures réclamées par la zone euro et le Fonds monétaire international seront une question politique sensible en raison de la situation économique désespérée de la Grèce et de l'impact de cette situation sur la plupart des citoyens.

Une erreur bien opportune ?

Dans un article d'opinion publié par le Kathimerini, Nick Malkoutzis a écrit que l'annonce d'un référendum faite par M. Papandreou, qui est apparue comme une énorme erreur, avait en fin de compte déclenché une série d'évènements qui ont mené à un dénouement positif.

« Soudain, les dirigeants politiques ont été secoués par la sortie potentielle de la Grèce de la zone euro et de l'Union européenne et par le fait que leur prochaine mission serait de rebâtir l'économie du pays sur les ruines laissées par la faillite », a écrit M. Malkoutzis, rappelant que la situation a également poussé M. Samaras à accepter l'idée d'un nouveau renflouement, malgré certaines mises en garde.

Un récent sondage d'opinion a indiqué que si M. Papandreou avait poursuivi sur la voie du référendum posant la question de la sortie de la Grèce de la zone euro, la plupart des Grecs auraient voté pour rester dans la zone. Selon ce sondage, 68 % des 603 personnes interrogées ont affirmé qu'elles voteraient pour garder l'euro.