Dégradation de la note de Chypre

L’agence de notation Moody’s a abaissé la note de Chypre de deux crans hier (26 juillet), affirmant que les inquiétudes quant à sa situation budgétaire étaient amplifiées par les conséquences d’une grave explosion ayant détruit la plus grande centrale électrique de l’île le 11 juillet. La Commission européenne n’a pas souhaité faire de commentaires.

cyprus_pic_nasa.jpg
cyprus_pic_nasa.jpg

L’agence de notation Moody’s a abaissé la note de Chypre de deux crans hier (26 juillet), affirmant que les inquiétudes quant à sa situation budgétaire étaient amplifiées par les conséquences d’une grave explosion ayant détruit la plus grande centrale électrique de l’île le 11 juillet. La Commission européenne n’a pas souhaité faire de commentaires.

Moody's a déclaré que les perspectives pour l'île étaient négatives et sa note est désormais évaluée à Baa1 (voir « Contexte). Selon Moody's, Chypre n'est pas parvenue à mettre en œuvre son propre programme d'austérité.

Invitée à commenter la situation, une porte-parole de la Commission a déclaré aujourd'hui qu'elle n'avait pas pris connaissance de l'annonce de l'agence de notation, mais que la « règle » était pour la Commission de ne pas commenter ce type de nouvelles lorsqu'elles émanaient des agences de notation de crédit.

Toutefois, la récente dégradation par Moody's du Portugal a été vivement critiquée par le président de la Commission, José Manuel Barroso, ainsi que par d'autres hauts fonctionnaires de l'UE. Le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble, a comparé la dégradation de la note portugaise à du « terrorisme » et a demandé que des limites soient imposées à l'« oligopole » des agences de notation.

Concernant l'esprit moins critique de la Commission par rapport à Chypre, la porte-parole s'est lancée dans une longue explication, affirmant que l'exécutif européen ne commentait pas les décisions des agences de notation de crédit à moins qu'il en ait été décidé autrement.

Le gouvernement et les partis de l'opposition à Chypre s'étaient mis d'accord sur un premier programme d'austérité vendredi. Ce dernier comprend des réductions des dépenses et la privatisation de la bourse de l'île, ont déclaré des représentants chypriotes, cités par Reuters.

« Le gouvernement les partis politiques se sont mis d'accord aujourd'hui sur un premier programme économique ». Les discussions suivent leur cours sur l'adoption de mesures supplémentaires, a expliqué aux journalistes le porte-parole Stefanos Stefanou.

Il n'a pas souhaité entrer dans les détails, mais des représentants des partis présents à une réunion entre le président Demetris Christofias et les dirigeants des formations politiques ont déclaré que ces mesures impliquaient des réductions des services civils et une privatisation de la bourse. Le montant que Chypre générerait grâce à ces mesures n'a pas été révélé.

Une explosion qui frappe l'économie

Ce programme d'austérité survient dans le sillage d'une explosion meurtrière qui a ravagé la principale centrale électrique chypriote le 11 juillet, anéantissant 53% de la production d'électricité.

Nous n'avons pas réussi à savoir si ces mesures prenaient en compte l'impact économique de l'explosion, estimée par les économistes à au moins un milliard d'euros. Des sources au ministère des finances affirmé que les premières estimations laissent penser que Chypre n'enregistrera pas de croissance cette année, contrairement aux prévisions qui mentionnaient un chiffre d'1,5%.

Au début de cette semaine, le gouvernement de la Banque centrale, Athanasios Orphanides, a prévenu que Chypre pourrait être forcé à demander un renflouement à moins que des mesures d'austérités plus strictes ne soient prises immédiatement.

Le programme dévoilé le 1er juillet par le gouvernement proposait de démanteler trois corporations semi-gouvernementales, de réduire le personnel des services civils de 1000 personnes chaque année et d'opérer des changements dans le système de retraites des fonctionnaires.

Chypre est déjà sous la pression du marché à cause de ses liens avec la Grèce surendettée et les rendements de ses obligations émises pour les investisseurs étrangers se sont envolés ces derniers mois.