Déficit : la France obtient la clémence de l’Eurogroupe
Lors d’une réunion à Bruxelles, le 11 février, les ministres des Finances de la zone euro ont autorisé la France à reporter à 2012 le retour à l’équilibre de son déficit public, si la croissance ne permet pas d’atteindre l’objectif de 2010.
Lors d’une réunion à Bruxelles, le 11 février, les ministres des Finances de la zone euro ont autorisé la France à reporter à 2012 le retour à l’équilibre de son déficit public, si la croissance ne permet pas d’atteindre l’objectif de 2010.
Contexte :
En avril 2007, le gouvernement de Dominique de Villepin s’était engagé, à l’instar de ses partenaires de la zone euro, à faire passer le déficit français sous la barre des 3% autorisés par le pacte de stabilité d’ici 2010.
A peine élu, Nicolas Sarkozy a pourtant remis en cause cet objectif en indiquant, lors d’une réunion de l’Eurogroupe, en juillet 2007, que la France ne pourrait tenir cet engagement avant 2012, des réformes structurelles étant nécessaires dans le pays.
Une annonce qui avait provoqué l’ire de ses partenaires, notamment de l’Allemagne, qui a réussi à assainir ses comptes publics.
Selon une proposition de recommandation des ministres des Finances de la zone euro, la France devait être invitée, hier soir, à accélérer la réduction de la dette publique pour atteindre l’objectif d’équilibre budgétaire en 2010.
Enjeux :
La clémence. Tel est le ton du compromis trouvé par les représentants de la zone euro lundi 11 février. L’Eurogroupe a en effet appelé la France à « faire en sorte d’atteindre l’objectif [d’équilibrer ses comptes publics] en 2010 si les conditions cycliques le permettent ». Autrement dit, si la croissance revient. La date de 2012, estimée plus réaliste par la France, devrait donc être retenue.
« Tous les résultats ne se feront pas sentir en un an », a plaidé la ministre des Finances, Christine Lagarde, dans un entretien accordé au Figaro, le 11 février. Paris estime de plus que le changement de calendrier se justifie par la révision à la baisse des perspectives de croissance pour 2007- 2008. La ministre a indiqué, le 17 janvier dernier, que celles-ci devraient se situer aux alentours de 2%, et non pas 2,25%, comme précédemment annoncé.
Mais la France n’a pas été la seule à se faire rappeler à l’ordre hier soir à Bruxelles. L’Italie devra également faire des efforts de « consolidation budgétaire » cette année.
Le message devrait être réaffirmé aujourd’hui par les ministres des Finances de l’Europe des 27.
Propositions :
Si Christine Lagarde s’est déclarée soulagée, lundi soir, en évoquant « un texte équilibré », cette décision ne satisfait pas tous les partenaires de la France, loin de là.
« Nous avons exprimé l’avis unanimement partagé que la France doit renforcer sa consolidation budgétaire et réduire le niveau de ses dettes », afin d’assurer « une marge de manœuvre suffisante » pour pouvoir faire rentrer son déficit dans les limites du pacte de stabilité, c’est-à-dire 3% du produit intérieur brut, a indiqué de son côté le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker. La France devra « accélérer les réformes structurelles de façon à diminuer le niveau très élevé des dépenses publiques », a-t-il ajouté.
« La confiance des citoyens envers l’Europe grandira si toutes les règles que nous avons acceptées sont respectées par tous les pays, les petits comme les grands », a indiqué le ministre des Finances néerlandais, Wouter Bros. Alors que de son côté, son homologue allemand, Peer Steinbrueck, a souligné qu’il était crucial que les plus grandes économies de la zone euro donnent le bon exemple.