Défense : l’UE souhaite accéder aux objectifs militaires de l’OTAN, la Turquie pose son veto
Alors que l’Europe poursuit son réarmement, la Turquie a bloqué le transfert d’objectifs militaires classifiés de l’OTAN vers l’Union européenne (UE), selon des sources impliquées dans les discussions.
Alors que l’Europe poursuit son réarmement, la Turquie a bloqué le transfert d’objectifs militaires classifiés de l’OTAN vers l’Union européenne (UE), selon des sources impliquées dans les discussions.
Alors que l’Occident se prépare à une guerre qui pourrait impliquer la Russie, les hauts responsables de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et de l’UE ont appelé à une augmentation rapide des dépenses militaires pour renforcer les armées européennes.
L’UE travaille actuellement sur des propositions visant à financer et à coordonner les achats communs, permettant aux États membres d’acheter plus de systèmes à moindre coût et plus rapidement. Cependant, elle n’a pas d’objectifs militaires spécifiques pour la défense européenne, qui incombent plutôt à l’OTAN.
Pour cette raison, et pour s’assurer que l’investissement au niveau de l’UE en vaut la peine, le commissaire européen à la Défense, Andrius Kubilius, a demandé à avoir accès aux objectifs de capacité de l’OTAN, qui fournissent une liste complète et détaillée de ce qui manque aux pays et de ce qu’ils doivent acheter au cours des 19 prochaines années.
La Turquie aurait cependant bloqué le transfert de ces informations, selon plusieurs sources impliquées dans les discussions qui se sont entretenues avec Euractiv.
Au lieu de répondre à la demande du commissaire européen, les responsables de l’OTAN et les diplomates ont suggéré que Bruxelles demande directement à ses États membres de partager leurs plans de défense nationale, qui devraient être basés sur ceux de l’Alliance.
Pouvoir accéder aux renseignements de l’alliance changerait la donne pour l’UE, qui a jusqu’à présent basé sa planification sur les lacunes générales en matière de capacités signalées par les États membres.
Les objectifs de capacité de l’OTAN sont actuellement en cours de réévaluation et seront finalisés lors du sommet de l’alliance à La Haye en juin.
La Turquie, pays membre de l’OTAN, avait entamé des négociations en vue de son adhésion à l’UE en 2005, mais sa candidature est au point mort depuis des années, en partie à cause de son occupation d’une partie de Chypre, un État membre de l’UE.
Il est courant de voir la Turquie bloquer la coopération entre l’UE et l’OTAN. Par exemple, elle avait récemment bloqué les candidatures de la Finlande et de la Suède à l’OTAN, mais ces derniers ont finalement rejoint l’Alliance, respectivement en 2023 et 2024.
Au cours de la semaine dernière, de nombreux membres européens de l’OTAN ont exprimé leur inquiétude quant à l’avenir de l’Alliance, les États-Unis de Donald Trump les mettant effectivement sur la touche dans les négociations avec la Russie et suggérant que les Européens devraient assumer une plus grande part du fardeau de la sécurité.
La Turquie n’a pas répondu à la demande de commentaires d’Euractiv au moment de la publication de cet article.
Aurélie Pugnet a contribué à la rédaction de cet article.
(SN/AM)