Découvrez le programme « patriotique » pour l’Espagne du parti d’extrême droite Vox

Interdiction de partis politiques, lutte contre la « religion climatique », contre l’idéologie du genre ou encore démantèlement de parlements : voici certains des objectifs politiques du parti d’extrême droite Vox, qui pourrait entrer au gouvernement après les élections nationales du 23 juillet.

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Vox est la troisième force politique en Espagne avec une projection de 14,7 % des voix pour les prochaines élections nationales et se place comme un concurrent sérieux pour faire partie du prochain gouvernement espagnol. [Twitter/Paco Becerra]

Interdiction de partis politiques, lutte contre la « religion climatique », contre l’idéologie du genre et l’endoctrinement ou encore démantèlement de parlements : voici certains des objectifs politiques du parti d’extrême droite Vox (Conservateurs et Réformistes européens, CRE), qui pourrait entrer au gouvernement avec le Parti populaire (Parti populaire européen, PPE) de droite après les élections nationales du 23 juillet.

Vox est la troisième force politique en Espagne avec une projection de 14,7 % des voix pour les prochaines élections nationales et se place comme un concurrent sérieux pour faire partie du prochain gouvernement espagnol. En effet, ce parti d’extrême droite est déjà entré dans les gouvernements régionaux et municipaux en coalition avec le Parti populaire (PP), qui devrait remporter les prochaines élections avec 31,8 % des suffrages.

À la lumière de la montée en puissance du parti, EURACTIV examine le programme politique et ses objectifs controversés.

La souveraineté

Vox revendique la primauté du droit national sur le droit européen et souligne la nécessité pour les États membres de retrouver leur souveraineté.

Le parti propose de réformer les traités européens pour « rendre aux États membres le rôle de protagonistes, [afin de lutter] contre la bureaucratie de la Commission européenne, que personne ne choisit ».

La « religion climatique »

Vox estime que « les soi-disant transitions écologiques consistent à transférer d’énormes quantités d’argent des classes moyennes et populaires vers les élites qui poussent l’agenda climatique ». Le parti ajoute que l’intérêt humain devrait prévaloir sur toute tentative de promouvoir la protection de l’environnement « contre l’environnementalisme radical des agendas imposés par les élites » et la « religion climatique » imposée par l’Occident.

« L’Espagne doit se dissocier de tout accord international ou de toute législation qui blâme nos producteurs pour les problèmes environnementaux », proposent-ils, se portant garants de « l’arrêt des fermetures soudaines d’installations industrielles et énergétiques causées par les impositions de la nouvelle religion climatique ».

Renforcer la ruralité

Estimant que le mode de vie rural de l’Espagne est la cible des « élites progressistes » et est stigmatisé par le « programme mondialiste », les partisans de Vox cherchent à protéger l’industrie agroalimentaire, à repeupler les zones rurales et à améliorer les services publics.

Ils souhaitent également garantir la disponibilité de l’eau dans toutes les zones rurales et à défendre les agriculteurs contre la « criminalisation de l’irrigation », etc.

Réduire les impôts, les ministères et les parlements

Vox propose également des réductions d’impôts ambitieuses dans tous les secteurs de la société, qui seraient compensées par des coupes dans les dépenses politiques « inutiles ».

« Il est nécessaire de démanteler le système des régions autonomes, de mettre fin aux doublons administratifs, de réduire le nombre de ministères, de départements, de députés et de parlements. »

Démanteler le système des régions autonomes

« Quarante ans de régionalisme nous ont laissé une communauté politique divisée en 17 royaumes de taïfas [royaumes musulmans du XIe siècle sur le territoire espagnol] », peut-on lire dans le programme.

Soutenant que les régions actuelles tentent d’« homogénéiser artificiellement les territoires », ils proposent de « limiter autant que possible la capacité législative des régions autonomes » en réduisant les compétences décentralisées en matière d’éducation, de santé, de sécurité et de justice et en abolissant les médias publics régionaux et la police.

Préserver l’identité et l’unité nationales

Vox propose de rendre illégaux « les partis, associations ou ONG qui poursuivent la destruction de l’unité territoriale de la nation et de sa souveraineté », c’est-à-dire les organisations indépendantistes catalanes et basques, tout en cherchant à protéger avec la « protection judiciaire maximale » la couronne, le drapeau, l’hymne et les autres symboles de l’Espagne.

Une autre mesure proposée est la dérogation à la loi sur la mémoire démocratique, qui garantit que les crimes commis pendant la dictature de Franco sont dévoilés et reconnus par l’État espagnol, au motif qu’elle « génère la division ».

Globalement, ils souhaitent « diffuser et protéger l’identité nationale et la contribution de l’Espagne à la civilisation et à l’histoire universelle, en accordant une attention particulière aux actions et aux exploits de nos héros nationaux à l’intérieur et à l’extérieur de nos frontières ». Vox revendique également des droits territoriaux sur Gibraltar « occupé ».

Lutter contre l’endoctrinement dans les salles de classe

Pour lutter contre « l’endoctrinement idéologique » dans le système éducatif espagnol, Vox propose également de « retirer des salles de classe toute personne ou association qui propose des contenus affectivo-sexuels sans que les parents le sachent et l’acceptent ». Le parti d’extrême droite fait notamment référence à tout type d’éducation sexuelle, y compris la diversité et les droits LGBT+ et la promotion de l’égalité des genres.

Le programme comprend également des propositions visant à garantir l’utilisation de l’espagnol dans l’éducation, par opposition aux systèmes actuels qui utilisent des langues régionales telles que le catalan et le basque. Vox cherche également à « sauver les universités de toutes les impositions idéologiques totalitaires et de la cancel culture ».

Moins d’idéologie du genre, plus de famille

Vox propose également le remplacement immédiat de la loi sur la violence de genre, « qui consacre l’asymétrie et l’inégalité pénales entre les hommes et les femmes et sape les piliers fondamentaux de l’État de droit », par une loi sur la violence interfamiliale, ainsi que l’abolition du ministère de l’Égalité.

Par ailleurs, ils proposent également de déroger à toute législation établissant une discrimination positive et des quotas, ainsi que des subventions à des « organisations idéologiques ». En revanche, ils mettent l’accent sur l’amélioration des droits des familles et des avantages fiscaux, ainsi que sur la création d’une loi pour la protection de la famille et d’un ministère de la Famille.

Xénophobie

« L’avancée du mondialisme menace la préservation de l’identité culturelle des nations occidentales », peut-on lire dans le programme.

En ce sens, Vox expulserait tous les migrants « illégaux » et les migrants « légaux » accusés d’infractions pénales et rendrait également illégales toutes les mosquées fondamentalistes en Espagne et œuvrerait à leur interdiction dans le reste de l’Europe.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]