De nouveaux espoirs pour les gazoducs de Nabucco [FR]

L'entreprise allemande RWE et Gaz de France ont exprimé leur intérêt à cofinancer le projet de gazoduc Nabucco, qui a été remis à plus tard à cause de problèmes financiers et de rivalité concernant des accords de gazoducs d’Asie Centrale menés par le géant énergétique russe Gazprom.

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L’entreprise allemande RWE et Gaz de France ont exprimé leur intérêt à cofinancer le projet de gazoduc Nabucco, qui a été remis à plus tard à cause de problèmes financiers et de rivalité concernant des accords de gazoducs d’Asie Centrale menés par le géant énergétique russe Gazprom.

Lors d’une conférence organisée par le Financial Times le 14 septembre, Stefan Judisch, PDG de RWE Gas Midtream, a déclaré que son entreprise souhaitait investir 1 milliard d’euros dans le gazoduc de Nabucco. Jean-Marie Dauger, PDG de Gaz de France a également exprimé l’intérêt du géant énergétique français à investir dans le projet.

Le soutien de ces géants énergétiques allemand et/ou français encouragerait le projet Nabucco, qui est confronté à des difficultés financières. L’augmentation des prix de l’acier au niveau mondial a gonflé les coûts prévus des projets et le consortium actuel, composé de OMV (Autriche), Botas (Turquie), Mol (Hongrie), Transgaz (Roumanie) et Bulgargaz (Bulgarie), n’a jusqu’à présent pas réussi à trouver un accord financier.

Nabucco, qui revêt une importance géo-politique car il contournerait la Russie (voir notre LinksDossier), rencontre également des difficultés liées au financement.
En juin, le géant gazier italien Eni et le russe Gazprom ont trouvé un accord de coopération sur un nouveau gazoduc qui acheminera le gaz d’Asie centrale à travers la Russie. Cet accord est largement considéré comme un concurrent au projet Nabucco (EURACTIV 25/06/07).

Mais la Commission européenne semble déterminée à voir le projet aboutir. Le 12 septembre, elle a nommé Jozias van Aartsen, ministre des Affaires étrangères des Pays-Bas, « coordinateur du projet Nabucco ». Lors d’une conférence à Budapest cette semaine (le 14 septembre), Andris Piebalgs, commissaire chargé de l’Energie, a exprimé la détermination unanime de l’UE à mener à bien ce projet majeur. 

Cette déclaration de M. Piebalgs répondait en partie à l’annonce faite plus tôt cette semaine (le 12 septembre) par le Premier ministre hongrois Ferenc Guyrcsany en faveur du projet. L’appui de M. Guyrcsany semble contredire ses remarques émises en mars sur le manque de soutien politique et financier de Nabucco, qualifié de « chimère ». 

Achevé, le gazoduc Nabucco couvrira 3 400 kilomètres et acheminera 31 milliards de tonnes de gaz par an de l’Azerbaïdjan et du Turkménistan en traversant la Turquie, la Roumanie, la Bulgarie et la Hongrie jusqu’en Autriche. 

Proposé par la Commission en 2002, Nabucco est considéré comme un projet phare, symbole de l’Europe « parlant d’une seule voie » en matière de politique énergétique et diversifiant son approvisionnement en gaz.