De meilleurs réseaux sont essentiels pour atteindre les objectifs climatiques de l’UE [FR]
La mise à jour de l’actuel réseau électrique européen à l’aide de technologies plus intelligentes est la clé pour surmonter les défis liés aux infrastructures posés par le paquet climat et énergie de l’UE. C'est ce qu'a indiqué l’un des premiers fournisseurs de technologies de transformation d’électricité.
La mise à jour de l’actuel réseau électrique européen à l’aide de technologies plus intelligentes est la clé pour surmonter les défis liés aux infrastructures posés par le paquet climat et énergie de l’UE. C’est ce qu’a indiqué l’un des premiers fournisseurs de technologies de transformation d’électricité.
L’UE a progressivement opté pour la dérégulation de ses marchés de l’électricité au cours de la dernière décennie. L’accent a toutefois été mis sur la garantie de la fiabilité et de la qualité de l’approvisionnement énergétique, alors que l’efficacité des renouvelables et de la transmission a été négligée. C’est ce qu’a expliqué hier (8 janvier) à Bruxelles Keith Redfearn, du GE Energy, responsable pour l’Europe, le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Inde.
Le triple engagement de l’UE de réduire les émissions de CO2 de 20%, de faire en sorte que 20 % de son énergie provienne de sources renouvelables et d’améliorer l’efficacité énergétique de 20 % d’ici à 2020 est trop ambitieux pour le réseau actuel, indique Keith Redfearn. Un réseau intelligent constitue selon lui une partie importante de la solution. Ce dernier implique une combinaison de logiciel et de matériel permettant d’acheminer de l’énergie de manière plus efficace et grâce à laquelle les consommateurs peuvent gérer leur demande, a-t-il indiqué.
Aujourd’hui, il n’est pas possible d’inclure toutes les énergies renouvelables au réseau, étant donné qu’il n’a pas été construit pour cela, a déclaré M. Redfearn. Des réseaux intelligents peuvent prendre en compte les flots d’électricité provenant d’un grand nombre de directions, ce qui permet l’intégration d’énergies renouvelables, a-t-il expliqué.
De plus, des essais aux Etats-Unis ont montré que les compteurs intelligents dans les maisons peuvent réduire la consommation énergétique des ménages de 10 %, voire de 15 % lors des heures pleines, alors que les résultats initiaux publiés au Royaume-Uni ont montré des économies s’élevant à 8 %, a-t-il ajouté.
Il a prévenu qu’à présent, seulement 20 % de la technologie permettant de déployer un réseau intelligent sont utilisés, alors que 80-90 % pourraient déjà être disponibles. M. Redfearn a remarqué que l’intérêt à l’égard des nouvelles technologies a considérablement augmenté parmi les nouveaux Etats membres de l’UE, qui tiennent à élever la qualité de l’approvisionnement au niveau des normes occidentales.
L’UE a l’intention de publier en février de nouvelles propositions visant à stimuler l’utilisation de technologies intelligentes pour lutter contre le changement climatique (EURACTIV 12/12/08), alors que les technologies en matière de réseau intelligent pourraient contribuer fortement aux plans de réduction de CO2. De nombreux Etats membres sont confrontés à un vif besoin de réparer voire de remplacer leur ancien réseau électrique. En outre, la Commission soutient que la libéralisation du marché constitue une incitation à la modernisation des infrastructures énergétiques (voir le LinksDossier EURACTIV).
GE Energy a déclaré qu’un cadre réglementaire stable pour le marché européen de l’électricité qui récompense l’efficacité énergétique est un pré requis à l’investissement. Par conséquent, il a recommandé d’harmoniser les règles européennes.
Même si les infrastructures ne changeront pas en une nuit, a indiqué M. Redfearn, les essais ont montré que l’énergie intelligente peut être couronnée de succès, le portant à croire qu’il est désormais temps de procéder directement à la mise en oeuvre. Le directeur de GE Energy considère que la crise économique actuelle constitue une motivation supplémentaire pour accélérer le processus étant donné que le réseau d’infrastructures est le pilier de l’économie, et, en tant que tel, le meilleur endroit pour amorcer la reprise.