De la souveraineté énergétique à alimentaire : Agnès Pannier-Runacher rejoint le ministère de l'Agriculture
L’ancienne ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher a intégré le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, dans un contexte très tendu pour le secteur. Elle avait déjà été appelée il y a un an par le gouvernement pour affronter la crise de l’énergie.
L’ancienne ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher a intégré le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, dans un contexte très tendu pour le secteur. Elle avait déjà été appelée il y a un an par le gouvernement pour affronter la crise de l’énergie.
Alors que le monde agricole fait pression sur le gouvernement pour prendre de nouveaux engagements avant le Salon International de l’Agriculture (du 24 février au 3 mars), l’ancienne ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher vient prêter main-forte au ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire.
L’annonce a été faite jeudi soir (8 février) dans le cadre de la nomination des ministres délégués et des secrétaires d’État qui composeront le nouveau gouvernement de Gabriel Attal. Vendredi midi, aucune précision n’a toutefois été donnée sur le champ de responsabilité de Mme Pannier-Runacher, les décrets d’attribution n’ayant pas encore été publiés.
« Comme je l’avais souhaité, pour faire face aux défis immenses de l’agriculture et de la forêt Agnès Pannier-Runacher me rejoint au ministère de l’Agriculture », a twitté le ministre jeudi soir le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau.
« Le ministère […] se renforce pour accompagner les agriculteurs, les entreprises alimentaires et les forestiers pour relever le défi majeur d’assurer notre souveraineté alimentaire et la transition écologique », poursuit-il.
Gestionnaire de crise
Au départ pressentie pour rejoindre le ministère de la Santé, l’énarque de 49 ans est entrée au gouvernement, en 2018, d’abord à l’Industrie, puis à la Transition énergétique, en 2022, alors que la France est confrontée à une crise sans précédent d’approvisionnement en énergie. Elle doit gérer la hausse des prix de l’électricité et la baisse de production du parc nucléaire Français.
Honorée de rejoindre @MFesneau dans ce beau ministère. Après 5 ans consacrés à renforcer notre souveraineté industrielle & énergétique, je consacrerai toute mon énergie à nos agriculteurs et notre souveraineté alimentaire. Merci @EmmanuelMacron @GabrielAttal pour leur confiance. https://t.co/lBHfDjX8Kc
— Agnès Pannier-Runacher 🇫🇷🇪🇺 (@AgnesRunacher) February 8, 2024
À Bruxelles, son rôle était de trouver un accord pour la réforme du marché européen de l’électricité. Elle a également bataillé pendant deux ans pour imposer la stratégie française basée, en particulier, sur la reconnaissance des atouts du nucléaire, pour atteindre les objectifs de décarbonation de l’UE, inscrit dans son Green deal.
Sa combativité a fait des remous au sein du couple franco-allemand, déchiré au sujet du nucléaire depuis des années.
« Je quitte le ministère de l’Énergie fière des résultats obtenus. Relance du nucléaire et des renouvelables, sobriété, baisse des émissions, succès européens, COP28 : je me suis battue pour que la France soit plus forte et plus souveraine », souligne-t-elle sur X.
Lors du dernier remaniement, avec la disparition du ministère de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher s’était installée au ministère de l’Économie avec le même portefeuille.
Dossiers nationaux et européens
Ses connaissances des dossiers européens et sa volonté affichée de défendre la souveraineté énergétique à Bruxelles expliqueraient son arrivée au ministère de l’Agriculture, la mission de ce dernier étant plus que jamais dévolue à la Souveraineté agricole et alimentaire.
Son rôle probable, donc : épauler Marc Fesneau sur les dossiers européens qui se profilent comme la régulation du libre-échange, les accords commerciaux ou le Pacte vert pour l’Europe.
Le gouvernement doit également avancer sur une grande loi agricole française, mainte fois repoussée, qui doit être annoncée avant le Salon International de l’Agriculture pour une soumission au Parlement au printemps. Cette échéance a été imposée par le monde agricole après les premières mesures présentées par Gabriel Attal le 1er février.
« Si tout ça n’était qu’un feu de paille, on remettra le couvert », a menacé le patron de la FNSEA auprès de l’AFP. En pause et en attente, les autres syndicats ont également affirmé ne pas avoir terminé les mobilisations. Le gouvernement est donc attendu au tournant.
L’arrivée de la nouvelle ministre déléguée arrive à un moment crucial, similaire à celui que traversait son ex-ministère de la Transition énergétique il y a un peu plus d’un an.
« Après 5 ans consacrés à renforcer notre souveraineté industrielle et énergétique, je consacrerai toute mon énergie à nos agriculteurs et notre souveraineté alimentaire », prévient Agnès Pannier-Runacher, sur X.