De grands travaux attendent la nouvelle Commission européenne après son approbation
Une longue liste de défis attend les nouveaux commissaires européens, qui devront se mettre rapidement au travail après leur validation finale par un vote au Parlement européen, attendu ce mercredi 27 novembre.
Une longue liste de défis attend les nouveaux commissaires européens, qui devront se mettre rapidement au travail après leur validation finale par un vote au Parlement européen, attendu ce mercredi 27 novembre.
Le nouveau Collège de commissaires devrait prendre officiellement ses fonctions le 1er décembre prochain. Le vote de mercredi devrait être positif malgré les réticences de certains groupes, y compris au sein même des rangs de la présidente Ursula von der Leyen.
Les eurodéputés devraient confirmer les nouveaux commissaires avec une majorité simple. La coalition composée du Parti populaire européen (PPE, centre droit), des Socialistes et Démocrates européens (S&D, centre gauche) et du parti libéral Renew Europe devrait apporter le soutien nécessaire, avec l’appui de certains groupes situés de part et d’autre du spectre politique.
Les 100 premiers jours
Une fois approuvée et armée des orientations politiques présentées par Ursula von der Leyen en juillet, la nouvelle équipe exécutive de l’Union européenne (UE) devra s’attaquer à une longue liste de défis, ponctués par une guerre commerciale imminente, une inflation persistante, une baisse de la compétitivité, une hausse des prix de l’énergie et un conflit armé dans son voisinage.
L’une des tâches les plus immédiates de la nouvelle Commission sera de passer à l’action en matière de compétitivité, avec des enjeux potentiellement « existentiels ».
Au cours de ses 100 premiers jours, la Commission devrait présenter un Pacte pour une industrie propre (« Clean Industrial Deal ») afin de fusionner les ambitions climatiques de l’UE et ses efforts pour stimuler la compétitivité et l’indépendance énergétique.
En outre, les questions relatives aux objectifs climatiques de l’Union pour 2040, la révision du Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) et l’interdiction des moteurs à combustion pourraient soumettre la nouvelle Commission à ses premiers tests politiques.
Les premiers mois du mandat devraient également voir la publication d’un livre blanc décrivant les besoins et les priorités des forces armées des États membres.
En outre, le programme de l’UE pour l’industrie de la défense (EDIP) prendra une forme plus concrète, cherchant à canaliser les fonds de l’UE vers les fabricants d’armes européens et à subventionner l’achat commun d’équipements de défense.
Avec le retour imminent de Donald Trump à la Maison-Blanche, le travail de l’UE en faveur de capacités de défense plus fortes et indépendantes des États-Unis n’en devient que plus essentiel et urgent.
La migration devrait également rester une priorité de l’agenda de l’UE, encore plus si l’on considère que le point de vue de la Pologne — qui assumera la présidence tournante du Conseil de l’UE pendant six mois à partir de janvier — fait écho à celui d’Ursula von der Leyen.
Lors du dernier sommet de l’UE, le Premier ministre polonais Donald Tusk a consolidé la position de son État en tant que voix dure mais dominante sur les retours et les contrôles aux frontières.
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Franchir la ligne d’arrivée
Mais avant que les choses sérieuses ne commencent, les commissaires désignés espèrent franchir la ligne d’arrivée après un processus d’audition et de vote tumultueux.
Les eurodéputés espagnols du Partido Popular (PPE) sont parmi ceux qui devraient voter contre la nouvelle Commission, puisqu’ils ont mené campagne contre la principale candidate des S&D, Teresa Ribera, auditionnée pour devenir la nouvelle vice-présidente exécutive chargée de la Transition Propre, Juste et Compétitive.
De même, certaines factions au sein des familles libérale et socialiste vont probablement faire un pied de nez au nouvel exécutif.
Lundi, le groupe des Verts/ALE a annoncé que leur groupe était divisé presque à moitié sur le sujet, avec seulement une petite majorité de leurs 53 eurodéputés indiquant qu’ils voteraient en faveur de l’exécutif.
Il semblerait que, même si le groupe d’extrême droite des Conservateurs et Réformistes européens (CRE) a approuvé la grande majorité des commissaires désignés ces dernières semaines, seules les factions italiennes et tchèques du groupe voteront en faveur de l’équipe complète ce mercredi 27 novembre.
Malgré la longue liste de tâches et l’apparente urgence qui la sous-tend, la nouvelle Commission pourrait démarrer lentement à partir du 1er décembre.
En effet, les commissaires pourraient retarder les nouvelles initiatives et tergiverser sur les sujets les plus brûlants à la lumière de deux événements majeurs encore à venir : le retour du président élu Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier et les élections fédérales anticipées allemandes en février.
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[Édité par Anna Martino]