David Cameron en faveur d'un programme libéral pour la croissance

Le premier ministre britannique, David Cameron, et les dirigeants de 11 autres pays de l'UE ont appelé les institutions de l'Union à appliquer un programme libéral pour la croissance en faveur d'une intégration économique plus audacieuse avec les Etats-Unis et du renforcement des relations commerciales et en matière d'investissements avec la Russie, la Chine et d'autres partenaires stratégiques.  

EURACTIV.com
Cameron Oct 2010 Picnik.jpg
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Le premier ministre britannique, David Cameron, et les dirigeants de 11 autres pays de l'UE ont appelé les institutions de l'Union à appliquer un programme libéral pour la croissance en faveur d'une intégration économique plus audacieuse avec les Etats-Unis et du renforcement des relations commerciales et en matière d'investissements avec la Russie, la Chine et d'autres partenaires stratégiques.
 

En amont du sommet européen des 1er et 2 mars prochains, les douze dirigeants ont écrit au président du Conseil, Herman Van Rompuy, et au président de la Commission, José Manuel Barroso, pour leur demander de faire preuve de leadership et d'aboutir à des résultats s'agissant d'éviter à l'Europe de vivre des temps « périlleux ».

Cette lettre, dont EURACTIV Slovaquie a obtenu une copie, a été signée par M. Cameron et par les premiers ministres néerlandais, italien, estonien, letton, finlandais, irlandais, tchèque, slovaque, espagnol, suédois et polonais.

Le premier ministre italien, Mario Monti, s'est récemment joint à M. Cameron pour plaider en faveur d'une croissance économique accélérée et de mesures qui ne se concentrent pas uniquement sur l'austérité pour réduire la dette.

Selon des diplomates, cette lettre a circulé dans d'autres cercles, mais ceux qui l'ont signée semblent être en faveur d'une approche plus libérale et moins protectionniste.

Les dirigeants ont mis en exergue huit priorités pour renforcer la croissance :

  • l'ouverture du secteur des services, qui représente quatre cinquièmes de l'économie européenne ;
  • la création d'un réel marché numérique unique d'ici 2015 ;
  • l'établissement d'un réel marché intérieur de l'énergie via la mise en oeuvre du troisième paquet sur l'énergie et le renforcement de l'interconnexion énergétique ;
  • la mise en place de l'espace européen de la recherche et placer l'innovation au coeur de la stratégie de recherche et de développement de l'UE ;
  • l'ouverture aux marchés mondiaux ;
  • la réduction du fardeau que représente la réglementation européenne ;
  • la promotion de marchés du travail efficaces en mettant l'accent sur la mobilité du travail et la réduction du nombre de professions réglementées ;
  • la mise en place de services financiers solides en abandonnant la pratique des « garanties implicites pour toujours sauver les banques ».

Plus de commerce avec les Etats-Unis et la Russie

« Nous devons insuffler une dynamique politique en faveur d'une intégration économique renforcée avec les Etats-Unis en examinant toutes les options, y compris celle d'un accord de libre-échange ; nous devons tenter de renforcer les relations avec la Russie en matière de commerce et d'investissements suite à son adhésion à l'OMC ; et lancer un examen stratégique de nos relations commerciales et en matière d'investissements avec la Chine en vue de renforcer nos liens économiques et notre engagement envers un commerce fondé sur des règles », peut-on lire dans cette lettre.

Les dirigeants ajoutent qu'en 2012, l'UE est censée conclure des accords commerciaux avec l'Inde, le Canada, des pays voisins de l'Est et un certain nombre de partenaires de l'ANASE. L'Ukraine est le seul pays voisin de l'Est à être proche de la conclusion d'un tel accord, mais il n'en est pas fait mention dans le texte.

Les 12 dirigeants appellent également à l'accélération des négociations commerciales avec le Japon et le Mercosur en Amérique latine. Ils affirment que les accords sur la table pourraient permettre d'ajouter 90 milliards d'euros au PIB de l'UE.

« Nous avons fait appel à de nombreux gouvernements, y compris ceux de la France et de l'Allemagne, mais nous avons été de l'avant avec ceux qui le souhaitaient », a déclaré à Reuters Enzo Moavero, le ministre italien des affaires européennes.

Un fonctionnaire allemand a affirmé que son pays « partageait sur le fonds » la vision présentée dans cette lettre. La France, en revanche, semble plus réticente face à ce programme libéral alors que la campagne pour les élections présidentielles bat son plein.