David Cameron contredit sur l’immigration des Bulgares et des Roumains
Un rapport commandé par le ministère des affaires étrangères conteste directement les affirmations du premier ministre britannique, David Cameron. Ce dernier a indiqué que la Grande-Bretagne sera confrontée à une importante vague d’immigration en provenance de la Bulgarie et de la Roumanie quand des restrictions sur le travail appliquées à ces pays seront levées en janvier 2014.
Un rapport commandé par le ministère des affaires étrangères conteste directement les affirmations du premier ministre britannique, David Cameron. Ce dernier a indiqué que la Grande-Bretagne sera confrontée à une importante vague d’immigration en provenance de la Bulgarie et de la Roumanie quand des restrictions sur le travail appliquées à ces pays seront levées en janvier 2014.
Selon le rapport de 60 pages du National Institute of Economic and Social Research (NIESR), la Grande-Bretagne ne serait probablement pas la destination préférée des Bulgares et des Roumains lors de la levée des restrictions.
Les personnes qui envisagent d'entrer sur le territoire britannique n'essaieront probablement pas de tirer profit du système national de sécurité sociale, réfutant directement les arguments mis en avant par le premier ministre.
Le 25 mars, David Cameron a déclaré que la migration nette vers le Royaume-Uni devait être radicalement réduite de « centaines de milliers par an à seulement des dizaines de milliers ». Il a également promis de nouveaux contrôles afin de limiter l'accès des migrants aux soins de santé, à un logement et à des allocations.
« Nous avons un service national de santé gratuit, et non un service international de santé gratuit », a déclaré le premier ministre britannique.
Cette déclaration survient sur fond d'une campagne dans les tabloïdes qui prévient que des hordes de Bulgares et de Roumains afflueront vers les îles britanniques quand les restrictions de travail en Grande-Bretagne seront levées le 1er janvier 2014.
>> Lire : David Cameron annonce des mesures strictes pour décourager les immigrants
La Bulgarie et la Roumanie ont dénoncé la campagne et la Commission européenne a indiqué qu'il n'existait aucune preuve de « tourisme social » au sein de l'UE.
Le rapport du NIESR a été commandé en vue d'apporter des preuves au premier ministre sur les conséquences éventuelles des migrants bulgares et roumains. Il en ressort toutefois que l'Espagne, l'Italie et l'Allemagne seraient des destinations plus attirantes que la Grande-Bretagne.
Les Roumains et Bulgares sont libres de se rendre au Royaume-Uni sans visa depuis 2007, peut-on lire dans ce rapport. Par conséquent, les frontières britanniques leur étaient déjà ouvertes et aucun changement considérable dans les flux migratoires n'est à prévoir.
Plus de 100 000 Bulgares et Roumains résident déjà au Royaume-Uni, mais ils se sont en grande partie limités à des emplois dans des secteurs en pénurie, comme l'hôtellerie, le nettoyage et la construction.
Ces migrants déjà présents pourraient encore occuper ces emplois après 2014 ou en trouver un inaccessible pour le moment, selon le rapport du NIESR. Ils pourraient également se rendre dans un autre État membre de l'UE dès la levée des restrictions dans en 2014.
Les auteurs soulignent également que les personnes qui arrivent au Royaume-Uni ne devraient pas être traitées comme des « touristes » qui veulent bénéficier des allocations sociales. La plupart des migrants sont d'ailleurs jeunes et sans famille, lors de leur arrivée du moins. Leur impact sur les services publics est probablement très modéré, indique ce rapport.
Selon le Guardian, Sir Andrew Green, de Migration Watch UK, a critiqué le rapport du NIESR, car il ne « parvient pas à estimer l'ampleur probable de la migration après les changements de l'année prochaine ». Il a également déclaré que ce rapport avait pour objectif de dissimuler la vérité.
Keith Vaz, le président de la commission des affaires intérieures du Parlement britannique, a indiqué que des estimations des changements prévus en matière de migration n'étaient pas suffisamment présentes. Il a exigé que la commission gouvernementale mène une étude complète sur l'impact de cette décision.