David Cameron brandit à nouveau la menace d'une sortie de l'UE

Le premier ministre britannique, David Cameron, a menacé de soutenir la campagne en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l'UE si ses appels pour réformer l'Union n'étaient pas entendus.

EURACTIV.com
Cameron could threaten to walk away from the EU if his demands for reform aren’t met. Pictured here at the EU Council in March 2014. [Number 10/Flickr]
Cameron could threaten to walk away from the EU if his demands for reform aren't met. Pictured here at the EU Council in March 2014. [Number 10/Flickr]

Le premier ministre britannique, David Cameron, a menacé de soutenir la campagne en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l’UE si ses appels pour réformer l’Union n’étaient pas entendus.

Une nouvelle fois, David Cameron, le premier ministre britannique, montre les dents. Le conservateur a déclaré au quotidien The Times le 24 août dernier qu’il envisageait de durcir ses positions vis-à-vis de l’UE.

Il avait déclaré précédemment qu’il souhaitait le maintien du Royaume-Uni au sein de l’UE, mais seulement si des réformes étaient menées. Il avait également mis en garde les dirigeants européens que la nomination de Jean-Claude Juncker pourrait accélérer la sortie de son pays de l’Union.

Selon une source du Times, « ce changement [de discours] avait été déjà été acté publiquement lors de la nomination de [Jean-Claude] Juncker, mais c’est le moment choisi qui aurait alors pu ressembler à un emportement ».

Même si [les membres du Parti conservateur britannique] n’ont pas encore convenu d’un calendrier, cet accord pourrait tomber lors de la conférence du parti conservateur britannique qui aura lieu le mois prochain. David Cameron affirme ainsi qu’il compte mettre un terme au transfert de compétences vers Bruxelles et réduire la paperasserie afin de faciliter les échanges commerciaux.

Il s’est ainsi engagé à organiser un référendum sur le maintien du Royaume-Uni au sein de l’UE en 2017, s’il devait être reconduit au poste de premier ministre lors des prochaines élections législatives.

À l’orée de ces élections, qui se tiendront en mai 2015, David Cameron doit faire face à la montée du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP). Le parti eurosceptique pourrait bien ravir des sièges aux conservateurs s’il arrive à transformer son essai des dernières élections européennes, où il a enregistré des résultats spectaculaires.

L’affaire a fait la manchette, lorsque le maire londonien, Boris Johnson, a demandé au premier ministre pour que celui-ci dévoile ses positions sur la question européenne.

Boris Johnson pourrait être un rival potentiel aux commandes du Parti conservateur britannique, si le premier ministre n’arrive pas obtenir une majorité parlementaire lors des prochaines législatives. Il a ainsi déclaré : « je pense que nous pouvons arriver [à réformer l’UE]; mais si nous ne pouvons pas le faire, alors nous ne devons pas craindre d’envisager un autre avenir, un Royaume-Uni ouvert non pas seulement au reste de l’Europe, mais au reste du monde ».

Par cette nouvelle position, le premier ministre risque de se mettre à dos son partenaire de coalition, Nick Clegg, vice-premier ministre britannique. Ce dernier avait déjà mis en garde contre toute menace de « Brexit », qui ne représente à ses yeux en aucune manière une solution pour négocier des réformes de l’Union.

Juncker : la défaite de David Cameron

Les dirigeants européens ont ignoré les menaces lancées par le premier ministre britannique quant à la désignation de Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission. L’ancien président de l’Eurogroupe a été en effet élu à 26 voix contre 2.

Cet échec a suscité nombre de critiques à l’encontre du premier ministre britannique outre-Manche et plus largement au sein de l’UE. En outre, cette déroute a remis au jour une éventuelle sortie du Royaume-Uni de l’UE.

D’aucuns considèrent que le chef de gouvernement a adopté cette attitude démagogique sur l’Europe seulement dans l’optique d’apaiser la frange eurosceptique à l’intérieur de son parti.

David Cameron a ainsi dernièrement déclaré devant Westminster : « nous allons nous battre et exploiter tous les leviers dont nous avons disposons afin de réformer l’UE ».

David Miliband, à la tête de l’opposition s’en est pris à la stratégie du locataire du 10 downing street, qui consiste à brandir à tout va la menace d’un éventuel Brexit.

Il a ainsi déclaré que la stratégie du premier ministre qui consiste à combiner « menaces, injures et désengagement s’est révélée être un modèle du genre pour s’aliéner ses alliés ». « Le reste de l’Europe perd patience à cause de ses agissements [. . . ] La stratégie qui consiste à brandir la menace d’une éventuelle sortie a été mise à l’épreuve et a échoué », a-t-il ajouté.

Les diplomates européens éprouvent des difficultés à comprendre la stratégie du premier ministre britannique. Il semble en effet isoler toujours plus le Royaume-Uni depuis le sommet européen de décembre 2011.

À l’époque, David Cameron avait opposé son véto à de nouvelles règles fiscales dans le cadre de la zone euro, une position qui n’avait été alors partagée que par la République tchèque. Depuis lors, les deux pays se sont ravisés et soutiennent dorénavant le « pacte budgétaire ». D’autres dirigeants européens ont contourné le blocage britannique en concluant des traités séparés en dehors du cadre de l’UE.