David Cameron au cœur du scandale

Hier (25 mars), le premier ministre britannique, David Cameron, a promis d'enquêter sur la raison pour laquelle le trésorier du parti conservateur avait proposé à de prétendus donateurs un accès privilégié au premier ministre en échange de 250 000 livres (300 000 euros).

EURACTIV.com / Reuters
David Cameron Dec 2011_Picnik.jpg
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Hier (25 mars), le premier ministre britannique, David Cameron, a promis d'enquêter sur la raison pour laquelle le trésorier du parti conservateur avait proposé à de prétendus donateurs un accès privilégié au premier ministre en échange de 250 000 livres (300 000 euros).

M. Cameron a qualifié d'« absolument inacceptables » les agissements de l'un des trésoriers de son parti, Peter Cruddas, révélés au grand jour dans une vidéo réalisée par des journalistes infiltrés. Le premier ministre a tenté de limiter les dégâts au sein de son parti de centre-droite.

M. Cruddas a démissionné peu après la publication par le Sunday Times d'une vidéo tournée en caméra cachée dans laquelle on le voit dire à des journalistes qui se sont fait passer pour des hommes d'affaires que leur paiement leur permettrait d'influer sur la politique publique et de poser à M. Cameron « quasiment toutes les questions » qu’ils souhaiteraient.

Cette affaire menace les efforts de David Cameron de changer l'image de son parti, souvent considéré comme trop proche des intérêts commerciaux et des riches alors que le pays subit un programme d'austérité visant à réduire son déficit budgétaire.

« Ce n'est pas la manière dont nous collectons de l'argent pour le parti conservateur, cela n'aurait jamais dû se produire », a déploré M. Cameron. « Je compte m'assurer qu'une véritable enquête soit menée au sein du parti afin que cela ne puisse jamais se reproduire. »

Ces révélations viennent couronner une semaine agitée pour le gouvernement de coalition mené par les conservateurs, fustigé à l'annonce d'une baisse d'impôts pour les plus fortunés et d'un gel des allègements fiscaux pour les retraités.

Même si les impôts des plus pauvres ont également baissé, de nombreux Britanniques voient leur budget diminuer, ce qui donne l'impression que le gouvernement protège les riches sans se soucier réellement de ceux qui souffrent du chômage croissant et de la baisse des salaires, alors que l'économie du pays peine à se remettre de la récession.

Cette question de financement met M. Cameron dans l'embarras. Avant son arrivée au pouvoir en mai 2010, il avait en effet promis de mettre un terme aux pratiques de lobbying des grands groupes commerciaux, affirmant qu'il s'agirait là du « prochain scandale à venir ».

Ces révélations sont « absolument honteuses », a déclaré à la BBC Danny Alexander, ministre des finances et membre influent des Libéraux démocrates partenaires de coalition du gouvernement.

Le parti travailliste dans l'opposition a demandé qu'une enquête indépendante soit menée sur les accès privilégiés qui auraient été accordés et que M. Cameron fasse une déclaration au parlement à propos de cette affaire.

« Il ne peut pas s'agir d'une enquête privée au sein du parti conservateur, qui s'empressera de balayer le tout sous le tapis », a déclaré le dirigeant travailliste, Ed Miliband.

« C'est très grave pour notre démocratie, car notre vie publique doit être irréprochable. Or, ce qui se passe aujourd'hui nous prouve que nous sommes bien en dessous de ce niveau réclamé à raison par les citoyens britanniques », a ajouté M. Miliband.

Ces révélations confirment l'urgence de mener des discussions pour les trois partis dans les semaines à venir sur la réforme du financement des partis.

Les tentatives de réformes précédentes se sont heurtées à la réticence des conservateurs à imposer des plafonds pour les dons des personnes fortunées et à la volonté des travaillistes d'éviter de limiter les contributions des syndicats.