D’anciens opposants au traité constitutionnel font front commun contre le nouveau traité européen

Des anciens partisans du « non » au référendum de 2005 sur le projet de constitution européenne de bords politiques différents, se sont réunis ce week-end à Paris pour exprimer leur opposition au nouveau traité européen. Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre socialiste et Nicolas Dupont-Aignan, député UMP souverainiste ont dénoncé un « déni de démocratie » et « un coup de force contre la volonté populaire ».

Des anciens partisans du « non » au référendum de 2005 sur le projet de constitution européenne de bords politiques différents, se sont réunis ce week-end à Paris pour exprimer leur opposition au nouveau traité européen. Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre socialiste et Nicolas Dupont-Aignan, député UMP souverainiste ont dénoncé un « déni de démocratie » et « un coup de force contre la volonté populaire ».

En bref  :

Nicolas Sarkozy avait été clair lors de sa campagne présidentielle  : il n’y aura pas de référendum pour ratifier un éventuel nouveau traité européen.

Alors que les 27 chefs d’État de l’Union européenne s’apprêtent à signer officiellement le traité réformateur, le 13 décembre à Lisbonne, le président français garde sa ligne  : la ratification aura lieu en 2008, par voie parlementaire.

Cette décision du chef de l’État ne fait pas l’unanimité de la classe politique française. En particulier chez les anciens tenants du non de 2005. Cette situation a mené à la tenue d’un meeting peu commun, le week-end dernier à Paris, réunissant l’ancien ministre Jean-Pierre Chevènement, le député souverainiste Nicolas Dupont-Aignan et la députée européenne Marie-Noëlle Lienemann.

Tous trois ont fustigé cette ratification parlementaire à venir, qui va, selon eux, à l’encontre du vote des français de 2005.

« Maxi-traitrise »

Jean-Pierre Chevènement a déclaré que « ce qui a été rejeté par référendum ne devrait pouvoir être rétabli que par la voie du suffrage universel. Il y a une règle en démocratie  : c’est la souveraineté du peuple. Ne pas la respecter constitue un véritable déni de démocratie. »

Sur le fond, ces opposants au traité considèrent le nouveau texte comme « une maxi-traîtrise », n’apportant que des modifications « purement cosmétiques » au projet de 2005. Le salut ne peut venir, selon eux, que de la minorité de blocage du Parlement. « Cette minorité de blocage existe si tous les parlementaires se souviennent de leurs engagements », a ajouté Jean-Pierre Chevènement, en faisant allusion aux élus socialistes du camp du non de 2005 et au programme présidentiel de Ségolène Royal.

Députée européenne socialiste, Marie-Noëlle Lienemann est allée dans le même sens, rappelant que tous les candidats à l’élection présidentielle « avaient dit qu’ils imposeraient un référendum sur le nouveau traité européen, sauf Nicolas Sarkozy. Et il n’a fait que trente et quelques pour cent des voix, ça veut dire que près de 70% des Français attendent un référendum« .

Vieille garde gaulliste

A droite de l’échiquier politique, les revendications sont les mêmes. Seul le vocabulaire change. Ancien chef de cabinet du général de Gaulle, Pierre Lefranc a parlé d’un « coup d’État » et de « viol de la nation » et a appelé à la « résistance ».

Candidat malheureux à la présidentielle de 2007, Nicolas Dupont-Aignan a lancé un appel au rassemblement des « républicains des deux rives » pour réclamer le tenue d’un référendum. Il accuse le président de la République « d’organiser un coup de force contre la volonté populaire ». « Les français ne seront pas dupes longtemps. Il ne s’agit pas d’un traité simplifié mais d’un véritable coup d’État simplifié. » Pour terminer, le maire de Yerres (Essonne) a taclé Ségolène Royal, lui reprochant d’avoir « glissé en catimini que le référendum n’était plus une question de principe digne d’être défendue. »