Cyril Svoboda : «Je suis pessimiste sur le traité de Lisbonne»

Le ministre tchèque du développement régional revient, pour EURACTIV.fr, sur la crise politique qui secoue son pays.

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Le ministre tchèque du développement régional revient, pour EURACTIV.fr, sur la crise politique qui secoue son pays.

Quel est l’avenir du gouvernement tchèque aujourd’hui ?

La situation dans mon pays est grave parce que notre gouvernement a perdu la confiance du Parlement. La seule possibilité aujourd’hui est de créer un nouveau gouvernement basé sur un accord entre les sociaux démocrates (CSSD) et le Parti démocratique civique (ODS).

Mon parti (Chrétiens-démocrates (KDU-CSL)) a décidé de quitter cette coalition parce que nous devons être libres et indépendants avant les élections anticipées.

Mais le problème le plus grave concerne le traité de Lisbonne. Il y a aujourd’hui un processus de victimisation du traité. Nous avons besoin d’accomplir le processus de ratification au Sénat et d’avoir une majorité constitutionnelle. Mais je pense qu’il sera très difficile de convaincre tous les sénateurs membres des partis libéral, chrétien, et social-démocrate de créer cette majorité constitutionnelle qui n’existe pas aujourd’hui. Nous, les chrétiens démocrates, sommes prêts à ratifier le texte.

Notre président, Vaclav Klaus, est contre le traité d’un point de vue politique, mais je pense que si le texte est ratifié il le signera. La situation en République tchèque aujourd’hui est totalement irrationnelle,  c’est aussi la raison pour laquelle je suis un peu pessimiste sur le traité.

Quelle est la date du vote au sénat ?

Le vote doit avoir lieu ce mois-ci. Cela va être un défi pour le premier ministre et pour les autres sénateurs.

Comment fait-on pour présider l’UE quand on est démissionnaire ?

Techniquement c’est possible. Nous sommes capables d’organiser toutes les réunions, toutes les sessions mais politiquement c’est un peu difficile car nous n’avons plus la confiance. Nous aurons un nouveau gouvernement début mai.

Vous gérez les affaires courantes mais vous ne faites plus rien de nouveau ?

Oui. J’occupe mon poste jusqu’à début mai, mais après je serai dans l’opposition.