CV truqués : malgré le scandale, l'extrême droite allemande continue sa campagne pour les Européennes

Les candidats d’extrême droite pour les prochaines élections européennes resteront dans la course, malgré les révélations par t-online qu'au moins un d'entre eux a fait de fausses déclarations sur son CV, a annoncé la direction du parti mardi (19 septembre).

EURACTIV Allemagne
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M. Bausemer — numéro 10 sur la liste — a affirmé avoir terminé sa formation de journaliste, ce qui n’a jamais pu être confirmé. Ses déclarations, selon lesquelles il aurait été « directeur général d’une entreprise agricole » pendant plusieurs années, n’ont pas pu être vérifiées non plus. [[Shutterstock/nitpicker]]

Les candidats d’extrême droite pour les prochaines élections européennes resteront dans la course, malgré les révélations par t-online qu’au moins un d’entre eux a fait de fausses déclarations sur son CV, a annoncé la direction du parti mardi (19 septembre).

Les candidats d’extrême droite ont néanmoins dû fournir des preuves qui attestent de la véracité de leur parcours académique et professionnel, après que des doutes sur la véracité de certains CV ont été soulevés par la direction du parti. Arno Bausemer et Mary Khan-Hohloch, deux des candidats, sont notamment dans le viseur du parti, pour avoir fait de fausses déclarations, selon le journal t-online.

« Aucune qualification professionnelle ou universitaire n’avait été obtenue au moment de leur candidature » pour prouver la véracité de leurs CVs, ont déclaré mardi (19 septembre) Tino Chrupalla et Alice Weidel, codirigeants du parti d’extrême droite l’Alternative pour l’Allemagne (AfD).

M. Bausemer — numéro 10 sur la liste — a affirmé avoir terminé sa formation de journaliste, ce qui n’a jamais pu être confirmé. Ses déclarations, selon lesquelles il aurait été « directeur général d’une entreprise agricole » pendant plusieurs années, n’ont pas pu être vérifiées non plus.

Quant à Mme Khan-Hohloch, elle est accusée d’avoir fait de fausses déclarations au sujet d’un diplôme universitaire et d’une longue expérience professionnelle non politique.

Malgré de telles révélations, l’AfD n’a pas jugé nécessaire d’organiser un nouveau scrutin d’investiture.

« Une répétition de la convention du parti n’est ni souhaitable, ni nécessaire, ni proportionnée », ont déclaré les dirigeants du parti à la suite d’un débat à huis clôs lundi (18 septembre).

« Une substitution de candidats ainsi qu’une modification de l’ordre [de liste] ne sont possibles que dans le cadre d’une nouvelle procédure d’investiture. Il en va de même pour l’élimination de certains candidats », a ajouté un porte-parole de l’AfD au média MDR.

Le retrait des candidats de la course aurait nécessité un nouveau vote et peut-être une convention élaborée, le vote initial ayant duré plusieurs jours.

Les accusations ont provoqué des remous au sein de la direction et de la base du parti, comme le révèlent des documents internes du parti consultés par t-online.

« Pendant dix ans, nous avons prétendu être différents des anciens partis. Si nous faisons maintenant la même chose qu’eux, nous violons les règles de notre parti, nous menons nos principes de base à l’absurde et nous aurons perdu le droit de critiquer ces politiciens professionnels », a déclaré un eurodéputé de l’AfD à la suite de l’enquête de t-online, appelant la direction à examiner de manière proactive tous les candidats au lieu de se contenter de demander des preuves.

La décision de la direction n’a probablement pas apaisé les esprits, les membres du parti se plaignant sur les médias sociaux que la base était « prise pour des imbéciles », a rapporté t-online.