Crise politique aigüe en Serbie : le Président Tadic dissout le Parlement
Sans surprise, le président de la République serbe, Boris Tadic, a dissous le Parlement et convoqué des élections législatives pour le 11 mai. Le décret présidentiel succède logiquement à la démission du Premier ministre Vojislav Kostunica le 8 mars, qui a refusé une nouvelle coalition pour préférer le choix des urnes.
Sans surprise, le président de la République serbe, Boris Tadic, a dissous le Parlement et convoqué des élections législatives pour le 11 mai. Le décret présidentiel succède logiquement à la démission du Premier ministre Vojislav Kostunica le 8 mars, qui a refusé une nouvelle coalition pour préférer le choix des urnes.
En bref :
C’est l’ultime étape d’une crise gouvernementale sérieuse, entamée depuis l’autoproclamation d’indépendance de la province albanaise du Kosovo, le 17 février 2008, et qui risque de voir consacrer un vote nationaliste et eurosceptique.
Le 12 mars, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, et son homologue danois Carl Bildt, ont signé une tribune dans le Figaro intitulée « Lettre à nos amis serbes », qui rend hommage à l’européisme de l’ex-Premier Ministre serbe, Zoran Djindjic, assassiné le 12 mars 2003. Cette lettre tente tout particulièrement de justifier la reconnaissance de l’indépendance du Kosovo par les gouvernements français et suédois.
« Nous avons pris la responsabilité de reconnaître l’indépendance du Kosovo, persuadés que cela aiderait la Serbie à avancer », affirment de concert les deux ministres.
Ceux-ci encouragent par ailleurs vivement l’octroi du statut de candidat dans l’Union européenne à la Serbie.
Pourtant, la Serbie ne semble pas prête à cette éventualité puisque quatorze jours seulement après la réélection à la présidence, le 3 février 2008, de M. Tadic, la coalition déjà fragile entre le Parti Démocratique, pro-européen, dont émane le Président, et le Parti Démocratique de Serbie du Premier Ministre, a été mise à mal par la sécession du Kosovo.
Le 8 mars, le premier ministre nationaliste, Vojislav Kostunica, mis en minorité par le gouvernement à la suite du rejet de sa résolution prévoyant de geler tout rapprochement avec l’Union européenne, a démissionné. En cause, ses divergences profondes avec le président serbe sur une intégration plus poussée dans l’UE, et notamment son refus de signer l’accord de stabilisation et d’association, préalable à une adhésion de la Serbie à l’UE.
D’autre part, le 11 mars, le ministre serbe des Affaires étrangères, Vuk Jeremic, soutenu par la Russie, a estimé devant le Conseil de Sécurité de l’ONU que la mission envoyée par l’UE au Kosovo devait faire l’objet d’un mandat légal de l’ONU. Il a qualifié l’indépendance de l’enclave albanaise d’« unilatérale, illégale et illégitime». Toutefois, sans menacer d’utiliser les armes ou l’embargo à l’encontre du Kosovo, il a vivement critiqué l’UE, qui aurait remis en cause l’administration conjointe du Kosovo par l’ONU et l’OTAN.
La Serbie est par conséquent face à un dilemme : les électeurs sont appelés, lors des prochaines élections, à se prononcer implicitement pour ou contre l’intégration à l’Europe des 27.