Crise financière : Paris, Berlin et Londres appellent à plus de transparence sur les marchés
Réunis en mini-sommet à Londres, les dirigeants britannique, français, allemand et italien ont appelé les institutions financières à davantage de transparence sur les marchés. Souhaitant laisser les réformes nécessaires à l’initiative du marché, les quatre dirigeants ont néanmoins menacé de mesures réglementaires en cas d’inaction des protagonistes de la crise financière actuelle.
Réunis en mini-sommet à Londres, les dirigeants britannique, français, allemand et italien ont appelé les institutions financières à davantage de transparence sur les marchés. Souhaitant laisser les réformes nécessaires à l’initiative du marché, les quatre dirigeants ont néanmoins menacé de mesures réglementaires en cas d’inaction des protagonistes de la crise financière actuelle.
Contexte :
Le premier ministre britannique, Gordon Brown, a reçu le 29 janvier le président de la République, Nicolas Sarkozy, la chancelière allemande, Angela Merkel, le premier ministre italien, Romano Prodi, et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Ce mini-sommet des États européens membres du G7 était destiné à présenter un front européen uni, avant le G7 finances de Tokyo le 9 février, au sujet des turbulences financières actuelles, conséquences de la crise américaine des subprimes de l’été 2007.
Les responsables politiques européens s’attachent depuis plusieurs mois à souligner la solidité de l’économie européenne, par rapport aux États-Unis, et à minimiser les conséquences négatives de l’instabilité financière actuelle sur la croissance (Lire EURACTIV 23/01). Il n’en reste pas moins que certaines banques européennes ont été violemment touchées, comme Northern Rock au Royaume-Uni, WestLB en Allemagne ou la Société Générale en France.
Enjeux :
Tout en repoussant les appels à des mesures réglementaires immédiates, les cinq dirigeants ont néanmoins menacé les institutions financières d’une extension de la régulation en cas d’inaction de leur part. « Tout en préférant les solutions de marché, si les acteurs du marché s’avèrent inaptes ou réticents à traiter rapidement ces problèmes, nous sommes prêts à considérer des solutions réglementaires de remplacement», souligne le communiqué final commun.
Premières visées, les agences de notation du crédit, qui sont appelées à améliorer l’information qu’elles fournissent à leurs clients et à prendre des mesures pour « contrer les éventuels conflits d’intérêt ». Les banques, de leur côté, sont sommées de procéder à la « divulgation rapide et complète de leurs pertes » afin de « réduire l’incertitude et améliorer la confiance sur les marchés financiers ».
Plus généralement, le communiqué appelle à plus de transparence et une meilleure évaluation de l’exposition des institutions financières aux risques portés par les produits financiers structurés.
« Nous voulons un capitalisme d’entrepreneurs, et non pas un capitalisme de spéculateurs. Nous voulons la transparence parce que nous ne voulons pas du protectionnisme », a expliqué Nicolas Sarkozy, ajoutant : « Il n’y a pas de fatalité à ce qui se passe aujourd’hui, mais des leçons à tirer. Nous ne sommes pas décidés à accepter sans réagir ce qui s’est passé récemment ».
Les cinq dirigeants européens se sont en tout cas attachés à repousser fermement toute tentation de repli et de protectionnisme, en demandant au contraire davantage de coopération internationale. Ils ont notamment appelé à « un accord ambitieux et équilibré au cycle de Doha » de l’OMC et souhaité « renforcer et clarifier la responsabilité du FMI pour superviser la stabilité macro-financière ».
Le président de la Commission européenne a ainsi déclaré : « Nous ne pouvons pas être complaisants. Mais nous pouvons être confiants […] Ce qui est nécessaire dorénavant est une action à la fois ciblée et proportionnée. Nous ne devons pas être tentés par le protectionnisme, par des tentatives futiles d’enrayer la mondialisation financière ou par une stimulation artificielle de l’économie ».
Il n’en reste pas moins que les perspectives économiques pour 2008 s’assombrissent de jour en jour, et pas seulement aux États-Unis. Après une série d’autres institutions économiques et financières, le FMI a à son tour réduit sa prévision de croissance de 1,9% à 1,5% aux États-Unis et de 2,1% à 1,6% au sein de la zone euro.