Crise financière : colère des citoyens à Bruxelles

Des citoyens désabusés ont promis d'envahir en masse les rues des quartiers financiers ce week-end, dans la mesure où ils commencent à en avoir assez du renflouement des banques. EURACTIV Grèce a contribué à cet article.

EURACTIV.com
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Des citoyens désabusés ont promis d'envahir en masse les rues des quartiers financiers ce week-end, dans la mesure où ils commencent à en avoir assez du renflouement des banques. EURACTIV Grèce a contribué à cet article.

La population se mobilise aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et dans de nombreux pays européens, y compris en Belgique, et descendra dans les rues pour participer à des manifestations ce samedi. Les citoyens de la capitale de l'Europe seront toutefois relativement peu nombreux. 

500 manifestants attendus à Bruxelles

En comparaison aux 4000 personnes attendues à la bourse de Londres, seules quelque 500 personnes devraient défiler dans la rue Wiertz, devant le Parlement européen.

La Belgique a récemment été frappée de plein fouet par un scandale financier, lorsque la presse a révélé que le PDG de la banque nationalisée Dexia vivait dans un hôtel bruxellois trois jours par semaine depuis trois ans.

La banque a minimisé les actes de Pierre Mariani, affirmant qu'il payait la chambre de sa poche. La presse belge a par ailleurs annoncé que le renflouement de Dexia coûterait 5000 euros par contribuable.

Les syndicats à Bruxelles affirment qu'ils ont tenté de contacter le mouvement « Occupy Brussels » pour leur assurer leur soutien, mais qu'ils ne sont pas parvenus à joindre un porte-parole.

Patricia Grillo, une porte-parole de la Confédération européenne des syndicats a déclaré que le mouvement « n'avait pas de chef, entre guillemets », étant donné que les manifestants ne souhaitent pas se rallier à un groupe en particulier ou à un parti politique, et ce afin de rassembler le plus grand nombre de participants possible.

Interrogé sur les implications de ces manifestations, un porte-parole de la Commission européenne a répondu : « En quoi cela nous concerne-t-il ? »

Le manque de soutien de la part des dirigeants de l'UE a déçu les membres du mouvement qui affirment que ce genre de réaction explique pourquoi la population se sent obligée de descendre dans les rues pour se faire entendre.

« Cela explique pourquoi tant d'actions sont menées, et ça nous montre que les personnes qui occupent des postes influents ne se préoccupent pas de ce que pensent les citoyens », a déclaré à EURACTIV Naomi Colvin, une citoyenne qui soutien le mouvement « Occupy the London Stock Exchange », la version britannique de la manifestation.

Le nombre prévu de participants est dérisoire en Europe en comparaison aux grands rassemblements prévus aux Etats-Unis. Un des groupes de coordination du mouvement aux Etats-Unis, Occupy Together, compte 99 260 adeptes.

Au cours de ces derniers jours, les médias américains ont rendu compte de l'escalade des manifestations. Hier, des milliers de manifestants ont pris pour cible les maisons de plusieurs milliardaires de l'Upper East Side à New York.

Occupy LSX

Les manifestations de Londres, appelées Occupy LSX, ne devraient pas cibler les maisons d'individus en particulier, a déclaré Mme Colvin, dans la mesure où ce genre d'action n'a pas été approuvé par l'assemblée générale du mouvement qui a organisé les différents évènements.

« C'est une mauvaise idée de personnaliser le mouvement. C'est une déformation de notre action. Nous parlons d'un problème systémique », a expliqué Mme Colvin.

Elle a expliqué que le mouvement avait plusieurs objectifs, dont l'action contre les banques d'investissement et les agences de notation de crédit qui ont permis que les subprimes soient incluses dans les CDS notés AAA, ce qui a fait éclater une bulle d'actifs toxiques.

Certains observateurs déplorent que les manifestants ne sachent pas contre quoi ils protestent, mais Mme Colvin a insisté sur le fait que le grand public comprenait les mesures prises par les banques qui ont mené à la crise.

« Il est très dangereux de supposer que cela est trop complexe pour la population. Cela reviendrait à vendre des médicaments qui n'auraient pas été correctement étiquetés. Est-ce que c'est ce que nous voulons ? »

Poursuivre les banquiers ?

Depuis le début de la crise, aucune personne ou institution n'a été inculpée ou condamnée pour avoir trompé des clients sur les CDS.  Les analystes financiers aux Etats-Unis pensent que les banques comme Goldman Sachs qui ont vendu des CDS liés à des subprimes ne seront pas poursuivies pour avoir conclu ces ventes, car cela risquerait de mettre le système financier en péril.

« L'important n'est pas de mettre des gens en prison, mais bien de restaurer la démocratie et de s'assurer que le secteur financier oeuvre à nouveau pour l'économie réelle. Ils devraient être taxés comme tous les autres secteurs économiques et prendre leurs responsabilités devant la population », a affirmé Sven Giegold, un eurodéputé vert allemand. Les Verts allemands ont d'ailleurs exhorté leurs électeurs à participer aux manifestations de ce samedi.

Après la manifestation, certains pays d'Europe entreront en grève générale. Mme Colvin espère que la grève du 6 novembre au Royaume-Uni fera écho aux motivations de son mouvement.

Cette semaine, de nombreuses manifestations ont eu lieu en Grèce pour protester contre les nouvelles mesures d'austérités qui impliquent des réductions des salaires et des retraites, ainsi que 30 000 licenciements.

Selon EURACTIV Grèce, ces manifestations bloquent littéralement Athènes, dans la mesure où une grève qui dure depuis 10 jours dans le secteur pétrolier a empêché les automobilistes de ravitailler leurs véhicules hier. Les bus, les tramways et les métros ont tout simplement arrêté de fonctionner pour protester contre ces mesures d'austérité.

Les manifestations grecques atteindront leur apogée le 19 octobre lors d'une grève générale qui pourrait bien concerner des banques, des stations essence, des fonctionnaires publics (administrations municipales et gouvernementales), des enseignants et des étudiants.