Crise des engrais : les ministres de l'Agriculture appellent à une action immédiate

La Commission devrait dévoiler son plan d'action le 19 mai

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Des engrais sont entreposés dans un hangar, le 18 mars 2026, en Bavière, en Allemagne. [Photo : Karl-Josef Hildenbrand/picture alliance via Getty Images]

Lors d’une discussion à huis clos qui s’est tenue lundi à Luxembourg dans le cadre d’une réunion des ministres de l’Agriculture, plusieurs ministres ont exhorté la Commission à mettre en place des mesures à court terme pour aider les agriculteurs à faire face à la hausse des coûts de l’énergie et des engrais, ont confié trois diplomates de l’UE à Euractiv.

Le blocage du détroit d’Ormuz en raison de la guerre en Iran a fait grimper les prix des engrais et de l’énergie en Europe. Pour les agriculteurs, cela vient s’ajouter à la pression sur les prix qui avait déjà commencé avec l’introduction de la taxe carbone aux frontières de l’UE (CBAM) en janvier.

La Commission devrait présenter un plan d’action sur les engrais le 19 mai, avec des propositions visant à réduire la dépendance vis-à-vis des importations, à stimuler la production nationale et à décarboner le secteur.

En outre, l’exécutif européen devrait proposer cette semaine d’assouplir les règles en matière d’aides d’État, permettant ainsi aux gouvernements nationaux de couvrir jusqu’à 50 % des coûts supplémentaires liés à la crise iranienne jusqu’à la fin de l’année, selon un projet consulté par Euractiv.

Lors de la réunion de lundi, certains pays ont appelé à davantage de mesures à court terme au niveau européen, parallèlement à une plus grande flexibilité en matière d’aides d’État, selon un diplomate européen.

Le ministre croate de l’Agriculture, David Vlajčić, a souligné la nécessité de « réagir rapidement dès maintenant », en plus des solutions à plus long terme, a déclaré un autre diplomate. Son homologue finlandaise, Sari Essayah, a lancé un appel similaire, a ajouté une troisième source.

S’adressant à la presse avant la réunion, le ministre irlandais de l’Agriculture, Martin Heydon, a également mis en avant la nécessité de soutenir les secteurs de l’agriculture et de la pêche dans le contexte du conflit au Moyen-Orient. L’Irlande a été confrontée à des semaines de manifestations, notamment de la part des agriculteurs, en raison de la hausse des coûts du diesel.

Peu d’options

Parmi les idées précédemment avancées par les ministres figurait l’exemption des engrais du CBAM. Mais, à l’exception du ministre letton de l’Agriculture, Armands Krauze, qui a appelé à un report, le soutien à cette proposition semble s’estomper après que la Commission l’a écartée.

Le ministre espagnol de l’Agriculture, Luis Planas, a également évoqué de manière plus générale la politique douanière de l’Union, appelant à prendre en considération les aspects susceptibles « d’affecter les engrais ».

En février, la Commission a proposé de suspendre les droits de douane par défaut de l’OMC sur les importations d’engrais, mais cette mesure n’est pas encore entrée en vigueur. Cela devrait se faire « dans les prochains mois », a déclaré Hansen lors d’une conférence de presse après le Conseil.

Une autre option consiste à utiliser la réserve de crise de la politique agricole commune (PAC), mobilisée en 2022 pour faire face à la hausse des coûts des engrais suite aux sanctions de l’UE contre les engrais russes après l’invasion de l’Ukraine. Cependant, les fonds disponibles sont limités : même s’il reste environ 400 millions d’euros sur les 450 millions disponibles, cela ne suffirait pas à couvrir l’ampleur de l’impact.

(adm, aw)