Crise au Venezuela : l’opposition grecque critique le soutien du Premier ministre Mitsotakis à l’intervention américaine
Les partis d’opposition grecs ont vivement réagi au soutien public apporté ce week-end par Kyriakos Mitsotakis à l’intervention américaine au Venezuela, avertissant que sa position risquait de nuire aux intérêts nationaux fondamentaux de la Grèce, en particulier vis-à-vis de la Turquie voisine.
Certains affirment que Kyriakos Mitsotakis a mis de côté le droit international — un pilier de longue date de la politique étrangère grecque — en soutenant publiquement la décision de Donald Trump d’arrêter le président vénézuélien Nicolás Maduro, tout en suggérant que les questions juridiques pourraient être abordées plus tard. Un discours qui contraste avec celui de nombreux dirigeants de l’UE et de la Commission européenne.
Ces remarques ont déclenché une tempête politique à Athènes, les partis d’opposition accusant le leader de centre-droit d’avoir enfreint le principe selon lequel le droit international doit guider la résolution des différends interétatiques.
Un dangereux précédent
La question est particulièrement sensible pour Athènes, compte tenu des différends non résolus avec la Turquie.
La Grèce s’appuie depuis longtemps sur le droit international pour condamner l’occupation par la Turquie d’environ un tiers de Chypre depuis 1974 et pour contrer le casus belli d’Ankara dans le contexte des tensions sur les frontières maritimes en mer Égée.
Tous les partis d’opposition, rejoints par d’anciens Premiers ministres, ont dénoncé ce qu’ils ont qualifié de tentative de se faire bien voir de Donald Trump. Le leader socialiste Nikos Androulakis a qualifié cette position d’« inacceptable » pour un pays marqué par le traumatisme de l’invasion illégale de Chypre par la Turquie.
L’ancien Premier ministre de centre-droit Antonis Samaras a averti que le droit international « n’est ni sélectif ni appliqué à volonté », tandis que le gauchiste Alexis Tsipras a accusé Kyriakos Mitsotakis d’agir comme un « allié consentant qui justifie l’injustifiable ».
Ces commentaires n’ont pas non plus passé inaperçus en Turquie, où les utilisateurs des réseaux sociaux ont affirmé que Mitsotakis avait sapé l’appel de la Grèce au droit international dans ses relations avec la Turquie.
Le gouvernement de Nouvelle Démocratie a riposté en affirmant que l’opposition de gauche minimisait l’autoritarisme de Nicolás Maduro pour des raisons idéologiques.