Covid-19 : les 27 exhortés à se préparer à l’hiver prochain malgré la diminution du nombre de décès

Nous devons nous préparer à l’apparition d’éventuels variants dans le futur, estime la directrice du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).

EURACTIV.com
Andrea Ammon
Andrea Ammon, directrice du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). [[European Parliament Multimedia Centre]]

Bien que les gouvernements européens assouplissent les restrictions Covid, ferment les centres de vaccination et que l’on constate une diminution des décès, le nombre de cas de Covid-19 augmente et nous devons nous préparer à l’apparition d’éventuels variants dans le futur, estime la directrice du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).

La situation épidémiologique en Europe semblait encourageante, du moins pendant un certain temps, puisque la réduction significative du nombre de cas de Covid-19 a conduit les États membres à commencer à assouplir les restrictions.

Toutefois, depuis la semaine dernière, la tendance s’est inversée, a déclaré Andrea Ammon, directrice de l’ECDC, lors d’une réunion de la commission chargée de la santé au Parlement européen (ENVI).

« La tendance au signalement des cas, qui était en baisse ces dernières semaines, est à nouveau en hausse, même si les politiques de dépistage sont aujourd’hui si différentes [les unes des autres] qu’il est très difficile de faire une véritable évaluation », a-t-elle indiqué aux eurodéputés.

« Le bon côté de la chose est que le taux de mortalité continue de diminuer. Malgré cela, c’est toujours plus de 6 000 personnes qui meurent de la Covid chaque semaine dans l’UE », a ajouté Mme Ammon, qui a confirmé que le taux d’occupation des lits en unités de soins intensifs reste relativement faible.

Un nombre croissant d’États membres de l’UE a décidé de lever les restrictions dans un contexte de recrudescence des cas. Le week-end dernier, une nouvelle loi est entrée en vigueur en Allemagne, supprimant la plupart de leurs restrictions instaurées pour endiguer la propagation du virus.

La plupart des restrictions dans les lieux publics ne s’appliquent plus, à l’exception du port obligatoire d’un masque dans les transports en commun ainsi que dans les établissements de soins et d’assistance. Des règles plus strictes ne peuvent être adoptées qu’au cas par cas dans les zones dites « sensibles ».

Ces restrictions ont été introduites alors que les taux de contamination en Allemagne atteignaient un niveau record d’environ 1 870 infectés pour 100 000 personnes.

Pour les pays qui ont levé leurs restrictions plus tôt dans l’année, il ne semble pas non plus y avoir beaucoup d’inquiétude. Dimanche 20 mars, le vice-Premier ministre irlandais Leo Varadkar a déclaré que l’augmentation du nombre de cas était « une source d’inquiétude, pas de panique ».

L’Irlande avait décidé de lever toutes ses restrictions en janvier et n’envisage pas de les réintroduire, mais plutôt de s’assurer que le plus grand nombre possible de personnes reçoivent leur dose de rappel du vaccin.

L’Autriche semble être le seul pays de l’UE à réintroduire des mesures, puisque le ministre de la Santé du pays, Johannes Rauch, a annoncé vendredi (18 mars) que les masques FFP2 redeviendraient obligatoires à l’intérieur.

Il faut se préparer à l’hiver, encore une fois

La levée des restrictions et la diminution du nombre de décès liés à la Covid pourraient donner l’impression que le pire est derrière nous. « Nous ne devrions pas en être aussi sûrs », a mis en garde Mme Ammon, qui a exhorté les États membres à se préparer pour l’hiver prochain.

« Nous pensons que nous pourrions voir une autre augmentation des cas pendant l’hiver. Il pourrait s’agir du même variant, ou bien d’une autre variant. C’est pourquoi nous devons être vigilants pendant l’été pour voir ce qui circule et nous préparer », a-t-elle affirmé, en insistant sur la nécessité de se préparer aux épidémies de Covid et de détecter rapidement les nouvelles variantes.

Mme Ammon a ajouté que la couverture vaccinale reste essentielle malgré la fermeture des centres de vaccination par certains pays. La couverture vaccinale moyenne actuelle dans les États membres de l’UE et de l’Espace Économique Européen (EEE) est de 72 %, dont 52 % ont également reçu la troisième dose. Cette moyenne ne reflète pas les différences entre les États membres, certains d’entre eux étant toujours confrontés à un faible taux de vaccination.

« Je pense que nous aurons à nouveau besoin de centres de vaccination à l’automne. J’espère donc qu’il y a des plans pour qu’ils puissent être réactivés [à ce moment-là]. »

En d’autres termes, la Covid n’a pas encore disparu, et elle n’est pas non plus en passe de le faire. Mme Ammon a mis en garde ceux qui pensent que la pandémie est terminée, étant donné qu’elle est plus souvent considérée comme une endémie.

« Je tiens à mettre en garde : endémique ne signifie pas que ce n’est pas dangereux, ni que ce n’est pas fréquent », a-t-elle insisté.

« Donc pour être très clair, il y a des maladies endémiques qui sont dangereuses, qui sont graves et qui sont très fréquentes. Nous devons donc nous mettre d’accord sur ce que nous voulons dire, [lorsque nous disons] qu’une maladie est endémique », a-t-elle conclu.