Covid-19 : début de l’enquête espagnole pour suspicion de corruption liée à l’achat de matériel médical

Le parlement espagnol a approuvé la mise en place d’une nouvelle commission d’enquête visant à examiner les allégations de corruption lors de l’achat de masques et de fournitures médicales pendant la pandémie de Covid-19 en 2020.

EFE avec EURACTIV.com
King Felipe VI attends opening of 15th legislature of Spain
L’initiative a été soutenue par 175 législateurs, tous issus des partis alliés du Premier ministre au parlement [EPA-EFE/Chema Moya]

Le parlement espagnol a approuvé jeudi (21 mars) la mise en place d’une nouvelle commission d’enquête visant à examiner les allégations de corruption dans le cadre de l’acquisition de masques et de fournitures médicales lors de la pandémie de Covid-19 en 2020.

L’enquête débutera par l’affaire connue sous le nom de « Koldo », impliquant un ancien ministre du Premier ministre socialiste espagnol Pedro Sánchez.

Selon les informations rapportées par le partenaire d’Euractiv, EFE, l’initiative a été soutenue par 175 députés, tous issus des partis alliés du Premier ministre au parlement — les formations séparatistes catalanes Ensemble pour la Catalogne (JxCat) et Gauche républicaine de Catalogne (ERC), ainsi que les deux principaux partis du Pays basque, PNV et EH Bildu, et d’autres formations plus petites.

En revanche, le parti d’extrême droite Vox, la troisième force au Parlement, n’a pas apporté son soutien à cette initiative. Tandis que le Parti populaire espagnol (PP) de centre droit, principale formation de l’opposition à la Chambre, a choisi de s’abstenir.

L’ancien ministre des Transports, José Luis Ábalos, aujourd’hui député indépendant après son exclusion du PSOE, a soutenu l’initiative. Il est impliqué dans « l’affaire Koldo », qui met directement en cause l’un de ses plus proches conseillers.

Il s’agit de la troisième commission d’enquête mise en place par les institutions espagnoles pour enquêter sur les allégations de corruption dans le cadre de l’achat de masques et d’équipements de protection individuelle pour les travailleurs de la santé pendant les mois les plus critiques de la pandémie (mars-mai 2020).

Des initiatives similaires ont déjà été lancées par le sénat et le parlement régional des îles Baléares, a rapporté EFE.

La nouvelle commission vise à clarifier « les faits, les responsabilités et de tirer des leçons » sur les marchés publics relatifs à l’achat de matériel de santé pendant la pandémie par l’administration de l’État et ses différents organes, ainsi que par d’autres administrations publiques espagnoles. Son objectif est de tirer les conclusions nécessaires pour éviter la répétition des « erreurs » de procédure à l’avenir.

« Ce pays a besoin de réponses pour apporter les changements nécessaires [à la législation sur les marchés publics] afin d’empêcher que les individus peu scrupuleux ne reviennent par la porte dérobée ou que personne […] ne leur ouvre cette porte. », a affirmé Esther Peña, porte-parole du PSOE.

« Personne ne doit se sentir intimidé par cette enquête. Nous ne le sommes pas », a-t-elle ajouté en s’en prenant pour cible la présidente de la région de Madrid, Isabel Díaz Ayuso (PP/PPE), dont le compagnon fait l’objet d’une enquête des autorités fiscales espagnoles pour fraude fiscale dans une affaire liée à la perception de commissions illégales pour l’achat de masques lors de la pandémie de Covid-19.

[Édité par Anna Martino]