Coran brûlé : la Suède pourrait malgré tout adhérer à l’OTAN, selon son secrétaire général

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, s’est fermement opposé à la demande de la Turquie de voir la Suède modifier ses lois sur la liberté d’expression, à la veille de la reprise des négociations de l’OTAN entre la Suède, la Finlande et la Turquie.

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La candidature de la Suède à l’OTAN est actuellement bloquée par la Turquie, qui exige notamment que la Suède interdise de brûler le Coran en public. [EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ]

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, s’est fermement opposé à la demande de la Turquie de voir la Suède modifier ses lois sur la liberté d’expression. Il s’est ainsi exprimé à la télévision suédoise mercredi (8 mars), à la veille de la reprise des négociations de l’OTAN entre la Suède, la Finlande et la Turquie.

La candidature de la Suède à l’OTAN est actuellement bloquée par la Turquie, qui exige notamment que la Suède interdise de brûler le Coran en public.

« Mon livre sacré, le Coran, a été brûlé et détruit. Tant que vous autoriserez cela, nous ne donnerons pas notre accord à votre admission à l’OTAN », avait déclaré le président turc Recep Tayyip Erdoğan après que Rasmus Paludan, un militant d’extrême droite, eut brûlé un Coran devant l’ambassade de Turquie à Stockholm, en janvier dernier.

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, ne partage toutefois pas l’avis de M. Erdogan, qui exige que la Suède interdise de brûler des Corans.

« C’est une question qui n’a pas été incluse dans l’accord et qui ne devrait pas empêcher la Suède de devenir membre de l’OTAN », a-t-il déclaré à l’émission 30 Minuter de la chaîne SVT.

La Suède, la Finlande et la Turquie ont signé en juin un accord bilatéral en vertu duquel la Turquie devrait soutenir les candidatures de la Suède et de la Finlande à l’OTAN, à condition qu’elles remplissent certaines conditions. Parmi ces conditions figurent notamment la lutte contre le terrorisme, les exportations d’armes et les extraditions.

« J’ai fait savoir à la Turquie que les opinions peuvent diverger sur la question du Coran brûlé. De nombreux pays ont des lois qui limitent de tels actes, mais on ne peut pas interdire tout ce que l’on n’aime pas », a-t-il indiqué.

Les déclarations de M. Stoltenberg se sont fait l’écho de l’eurodéputée social-démocrate Evin Incir, qui a confié à EURACTIV qu’« un pays étranger ne peut pas venir dire à un autre pays comment changer ses lois. Surtout lorsque cela fragilise leur liberté d’expression et leur liberté de réunion ».

Interrogé sur la question de savoir si la Suède devrait modifier sa législation sur la liberté d’expression, M. Stoltenberg a répondu qu’il ne souhaitait pas donner de conseils à la Suède, mais a néanmoins déclaré que « beaucoup de choses peuvent être provocantes et irrespectueuses, mais devraient rester légales ».

Les négociations de l’OTAN avec la Turquie reprendront ce jeudi (9 mars), ce qui, selon M. Stoltenberg, devrait être l’occasion de faire savoir que la Suède et la Finlande ont respecté les exigences de l’accord.