COP27 : l'UE fait une « dernière offre » pour le fonds consacré aux « pertes et dommages »

L'Union européenne a fait part de sa volonté de créer un nouveau fonds destiné à indemniser les catastrophes naturelles causées par le changement climatique, à condition que la Chine y participe et que les objectifs soient rehaussés.

EURACTIV.com with Reuters
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L’Union européenne a fait part de sa volonté de créer un nouveau fonds destiné à indemniser les catastrophes naturelles causées par le changement climatique, à condition que la Chine y participe et que les objectifs soient rehaussés.

La question des pertes et des dommages a dominé le sommet de la COP27 de cette année. Plus de 130 pays en développement exigeant que la réunion aboutisse à un accord sur un nouveau fonds pour les aider à faire face aux dommages irréparables causés par les inondations, la sécheresse et d’autres impacts liés au climat.

« Ce que nous proposons, c’est de créer un fonds de réponse aux pertes et aux dommages pour les pays les plus vulnérables », a déclaré Frans Timmermans, responsable de la politique climatique de l’UE, aux participants jeudi soir (17 novembre).

Les États-Unis et l’UE s’étaient auparavant opposés à cette idée, craignant qu’elle n’ouvre la porte à des responsabilités juridiques illimitées qui se traduiraient par des centaines de milliards de dollars de réparations.

Les deux parties avaient auparavant proposé une « mosaïque de solutions » pour résoudre la question des pertes et des dommages, affirmant qu’il serait plus rapide de mobiliser l’argent existant plutôt que de créer un nouveau fonds.

Mais face à l’insistance des pays en développement, M. Timmermans a déclaré que l’UE était désormais prête à faire un pas en avant.

« Nous pouvons nous accommoder d’un fonds, mais à deux conditions très importantes : le fonds doit être ciblé sur les plus vulnérables, et il doit aussi avoir une large base de financement », afin que de grands pays comme la Chine y contribuent également.

Conditions à remplir

La Chine, qui fait partie du groupe des pays du G77, a proposé de créer le fonds pour les pertes et les dommages en vertu de l’article 11 de la CCNUCC, qui a été rédigé dans les années 1990.

« Là, nous avons un désaccord », a déclaré le responsable du climat de l’UE, ajoutant que la base de financement devrait refléter la situation économique des pays « en 2022 et non en 1992 ».

Il a également insisté pour que le nouveau fonds soit lié à des « engagements sérieux » en matière de réduction des émissions, prévenant qu’« aucune somme d’argent sur cette planète » ne suffira à régler la question des pertes et dommages si des efforts ne sont pas faits pour réduire les émissions.

« L’atténuation, l’adaptation et les pertes et dommages vont tous de pair. Nous insisterons donc sur ce point », a ajouté M. Timmermans, précisant que le fonds fait « partie d’un ensemble » comprenant la mise à jour des engagements climatiques officiels soumis aux Nations unies, les « contributions déterminées au niveau national » (CDN).

« En d’autres termes, les CDN doivent être mises à jour, nous devons faire un rapport annuel sur notre situation, nous devons avoir un accord selon lequel d’ici 2025 nous atteindrons le pic de nos émissions, etc ».

La référence à 2025 semble dirigée vers la Chine. Dans sa CDN, Pékin s’est engagé à atteindre un pic d’émissions de CO2 « avant 2030 », sans donner de date plus précise.

« C’est notre dernière offre », a déclaré le Néerlandais, expliquant que les États de l’UE refuseraient d’aller plus loin.

L’ambassadeur du Pakistan en Corée du Sud, Nabeel Munir, a déclaré que la proposition de Timmermans était une « nouvelle positive » mais que certaines divisions subsistaient.

« Beaucoup de points de vue divergents sont encore là. Pour nous, le succès de la COP27 dépend de ce que nous obtiendrons sur les pertes et les dommages ».

L’offre de Timmermans va plus loin que ce que les États-Unis ont indiqué jusqu’à présent qu’ils seraient prêts à faire sur le financement des pertes et dommages.

« Les États-Unis semblent acculés », a déclaré un observateur des négociations.

[Édité par Alice Taylor]