Contributions de la France à l’UE sous pression [FR]
La France risque de connaître des difficultés à rester l’un des contributeurs nets les plus importants au budget de l’Union européenne en raison de l’alourdissement de son endettement, a déclaré hier (28 août) le premier ministre François Fillon.
La France risque de connaître des difficultés à rester l’un des contributeurs nets les plus importants au budget de l’Union européenne en raison de l’alourdissement de son endettement, a déclaré hier (28 août) le premier ministre François Fillon.
S’exprimant lors de la Conférence annuelle des ambassadeurs français, M. Fillon a noté que la France payait 19 milliards d’euros (27,05 milliards de dollars) aux finances européennes chaque année et recevait en retour 14 milliards, en comptant les subventions agricoles.
« Cette vision comptable de l’Europe n’est bien sûr qu’un aspect parcellaire du ‘bilan européen’ pour la France », a déclaré M. Fillon.
« Mais nos partenaires devront comprendre que cette position de premier contributeur net – avec l’Allemagne – ne pourra résister éternellement aux tensions actuelles de finances publiques », a-t-il ajouté.
Les commentaires de M. Fillon font écho aux plaintes régulières de l’Allemagne sur la charge que constitue le fait d’être le plus gros contributeur au budget européen.
Mais il a appelé au même moment à « une véritable stratégie commune de sortie de crise, dont il faut bien dire qu’elle a fait défaut jusqu’à présent ».
« A ce jour, nos entreprises attendent toujours une vraie réponse européenne à plusieurs questions clés », a-t-il dit, citant les questions comme le développement écologique et l’aide aux secteurs comme les industries chimiques et électroniques pour s’adapter aux changements.
« Il est vital que la Commission initie une grande politique d’investissement d’avenir », a-t-il affirmé.
Révision du budget européen dès 2010
L’an prochain, les gouvernements européens doivent commencer le processus laborieux de révision du budget annuel de l’UE de 133 milliards d’euros, qui doit être bouclé avant la fin de l’actuel budget de long terme en 2013.
Le déficit public français devrait progresser jusqu’à 7,5 % du produit intérieur brut cette année – deux fois plus que la limite autorisée dans l’UE – alors que les revenus fiscaux ont chuté lors de la récession et que les dépenses pour les mesures de relance ont explosé.
La dette publique, qui s’élève à environ 1,4 billion d’euros à la fin du premier trimestre, devrait être équivalente à 77 % du PIB avant la fin de l’année et à 88 % en 2012.
Les règles normales applicables aux limites des déficits ont été abandonnées alors que les gouvernements ont injecté des milliards pour sauver le système financier et soutenir la demande.
Le président français Nicolas Sarkozy a été l’un des plus fervents partisans de la mise hors-jeu des règles normales fin de s’assurer que l’économie continue de fonctionner durant la crise.
Mais M. Fillon a prévenu que la situation de la dette était « sérieuse » : les niveaux de dette dans les 10 pays les plus riches du Groupe des 20 nations sont en hausse de 78 % du PIB en 2008 à 100 % cette année.
Il est indispensable que les autorités européennes et les Etats membres créent un programme conjoint de rétablissement des finances publiques pour protéger l’Union des risques d’une spirale de la dette publique, a-t-il dit.
La France et l’Allemagne, qui fut notamment réticente à abandonner l’engagement traditionnel de discipline budgétaire afin d’alimenter l’économie, devraient dépasser leurs différences apparentes en termes de sensibilité afin de montrer la voie pour l’Europe toute entière, a-t-il dit.
(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EURACTIV)