Connie Hedegaard défie les États-Unis sur la lutte contre le changement climatique
Connie Hedegaard, la commissaire européenne en charge de l’action pour le climat, a déclaré jeudi (28 février) que si le gouvernement Obama rejetait le projet d’oléoduc Keystone XL, il montrerait que les Etats-Unis prennent au sérieux la lutte contre le changement climatique.
Connie Hedegaard, la commissaire européenne en charge de l’action pour le climat, a déclaré jeudi (28 février) que si le gouvernement Obama rejetait le projet d’oléoduc Keystone XL, il montrerait que les Etats-Unis prennent au sérieux la lutte contre le changement climatique.
« Ce serait un signal extrêmement fort pour le gouvernement Obama », a déclaré Connie Hedegaard, la commissaire européenne en charge de l'action pour le climat, à des journalistes lors d'une conférence de presse à Washington.
Mme Hedegaard a rencontré cette semaine des législateurs, des responsables du gouvernement et de la banque centrale ainsi que d'autres organisations à Washington et à Boston.
Elle devrait s’entretenir avec des démocrates, dont le représentant de Californie, Henry Waxman, et le sénateur du Rhode Island, Sheldon Whitehouse, deux des plus grands partisans de la législation sur le climat au Congrès. La commissaire rencontrera également l'envoyé spécial des États-Unis sur le changement climatique, Todd Stern, et le conseiller adjoint à la sécurité nationale pour les affaires économiques internationales, Michael Froman.
Si l'oléoduc controversé est achevé, il transportera 830 000 barils par jour de pétrole brut de l'Alberta (Canada) vers des raffineries au Texas. Connie Hedegaard a indiqué que l'abandon de ce projet indiquerait que les États-Unis évitent de contribuer de manière significative au changement climatique.
Elle a également déclaré que l'UE respecterait ses projets d’étiqueter le carburant en provenance des gisements de sables bitumineux au Canada comme « extrêmement polluant », ce qui dissuaderait les raffineurs européens liés à des règles environnementales strictes.
Le ministre canadien des ressources naturelles a déclaré jeudi qu'il était « prudemment optimiste » quant à l'approbation de l'oléoduc proposé par TransCanada Corp.
Selon des responsables américains, le gouvernement devrait prendre une décision finale sur Keystone d'ici le milieu de l'année.
Le défi de l'ETS dans l'aviation
Outre Keystone, le gouvernement américain sera confronté à un autre défi, selon Mme Hedegaard : comment s'engage-t-il dans des négociations sous l'égide de l'Organisation de l'aviation civile internationale des Nations unies en vue de concevoir un cadre réglementaire mondial sur la réduction des émissions du secteur aérien ?
Les négociateurs se réuniront de nouveau en mars à l'occasion de discussions organisées par l'Organisation de l'aviation civile internationale de l'ONU.
Cette organisation doit élaborer un plan d'ici septembre et l'UE réintroduira ensuite une loi suspendue qui obligerait toutes les compagnies aériennes à payer chaque tonne de dioxyde de carbone émis sur des vols en provenance ou à destination de l'UE.
La menace de cette loi a suscité les craintes d'une guerre commerciale mondiale en 2012. La Chine, les États-Unis, l'Inde et la Russie s'y sont tous fermement opposés.
Connie Hedegaard estime que des progrès ont été réalisés dans le nouveau cycle de négociations sur l'aviation. Elle espère que les États-Unis et l'UE trouveront un terrain d'entente sur les émissions du secteur aérien.
Elle a cependant ajouté qu'une première proposition présentée par les États-Unis serait inappropriée, car elle ne couvre qu'une « petite proportion des émissions mondiales liées à l'aviation ». Cette proposition vise à limiter les émissions des espaces aériens des pays, mais exclut celles du temps passé dans les eaux internationales.