Congrès du PPE : Les Républicains espèrent qu’un candidat de dernière minute se présente contre Ursula von der Leyen
Le patron de la droite française (LR, PPE) Eric Ciotti annonce que le parti votera contre la candidate sortante à l’issue du Congrès de Bucarest, tout en affirmant vouloir se maintenir dans le groupe politique européen et en espérant un autre candidat « de dernière minute ».
Le patron de la droite française (LR, PPE) Eric Ciotti annonce que le parti votera contre la candidate sortante à l’issue du Congrès de Bucarest, tout en affirmant vouloir se maintenir dans le groupe politique européen et en espérant un autre candidat « de dernière minute ».
À l’issue du congrès du PPE à Bucarest (du 5 au 7 mars), les membres du groupe de droite au Parlement européen voteront pour leur candidat à la présidence de la Commission européenne.
Si la présidente sortante Ursula von der Leyen a de fortes chances d’être reconduite par son parti, le parti français Les Républicains l’entendent différemment.
« Les Républicains voteront contre la candidature de Madame von der Leyen à un deuxième mandat à la tête de la Commission européenne », écrit Eric Ciotti, patron des Républicains dans une lettre adressée le 5 mars à Manfred Weber, le chef de file des eurodéputés PPE au Parlement, obtenue par Euractiv.
Fin février, la tête de liste Les Républicains (LR) aux élections européennes, François-Xavier Bellamy avait annoncé qu’il s’opposerait personnellement à la candidature d’Ursula von der Leyen, comme lors de la dernière investiture en 2019.
Candidate d’Emmanuel Macron
Dans une interview à France Info ce mardi 5 mars, Eric Ciotti a voulu rappeler que déjà en 2019, Mme von der Leyen n’était pas la candidate naturelle du PPE, le parti français préférant alors Manfred Weber, ou le Français Michel Barnier.
« C’est surtout la candidate de M. Macron », a-t-il insisté. M. Ciotti, qui accuse le Président de la République française d’avoir convaincu Angela Merkel de soutenir Mme von der Leyen, plus fédéraliste que son compatriote M. Weber, contrevenant au principe même du spitzenkandidat.
Les membres du parti Les Républicains n’ont surtout pas digéré la venue d’Ursula von der Leyen au Congrès de Renaissance (Renew Europe), le parti de la majorité d’Emmanuel Macron, à Bordeaux le 7 octobre 2023, en tant qu’invité d’honneur.
À l’heure actuelle, les sondages créditent de 7% d’intentions de vote Les Républicains, contre 16,5% pour la majorité présidentielle Renaissance et 30% pour le Rassemblement national (RN, ID).
Technocratique et fédéraliste
Les républicains reprochent à l’actuelle Présidente de la Commission d’avoir « laissé la majorité européenne dériver à gauche » durant tout son mandat.
« Elle incarne une forme de dérive technocratique de l’Europe, vers une forme de fédéralisme que nous récusons », ajoute Eric Ciotti sur France Info.
Parmi « les fautes lourdes » qui lui sont imputées, il évoque « cette fuite en avant vers la décroissance agricole », « l’ouverture aux migrants » ou encore sa position antinucléaire qu’elle partage avec les écologistes.
Le regret est d’autant plus fort que c’est sa « famille politique », qui au sortir de la guerre a vu le Général de Gaulle et Conrad Adenauer poser les fondations de l’Union européenne.
« L’idéal européen est inscrit au cœur de l’histoire de notre famille politique », ajoute-t-il.
Seuls au sein du PPE
Pour l’instant, les Républicains est le seul parti européen à s’opposer publiquement à la candidature de la Présidente sortante.
« Nous assumons d’être minoritaire », a reconnu Eric Ciotti au micro de France Info.
Selon nos confrères du Figaro, lors d’une réunion du PPE, un membre bulgare a assuré à François Xavier Bellamy qu’une grande majorité de la salle pensait « comme lui ».
Du fait de cette incertitude sur l’adhésion véritable des membres du PPE à Mme von der Leyen, Eric Ciotti a demandé un vote à bulletin secret, espérant que les votants oseront rejoindre la position française.
Car il n’est pas question que Les Républicains ne rompent avec le PPE, a-t-il insisté, rappelant qu’il reste « beaucoup de chemin » avant une éventuelle investiture, et notamment un vote d’une majorité de l’hémicycle du Parlement européen.
« Il y aura peut-être d’autres candidats de dernière minute. Je ne crois pas en la réélection d’Ursula von der Leyen, son bilan l’empêchera d’être réélue », termine-t-il.