Conférence sur l'avenir de l'Europe : la société civile doit participer davantage [FR]

Une conférence organisée par ECAS le 7 juin 2006 s'est penchée sur l'avenir de l'Europe après les "non" à la Constitution, les intiatives des Etats membres dans le cadre du plan D et la stratégie de communication de la Commission.

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Une conférence organisée par ECAS le 7 juin 2006 s’est penchée sur l’avenir de l’Europe après les « non » à la Constitution, les intiatives des Etats membres dans le cadre du plan D et la stratégie de communication de la Commission.

Dans la matinée, l’une des sessions de la conférence a porté sur la façon dont les différentes parties prenantes pourraient être mieux utilisées pour rendre les débats politiques sur l’UE plus proches des préoccupations des citoyens européens.

Luis Herrero-Tejedor, député européen espagnol et rapporteur du Parlement pour le rapport sur le Livre blanc sur la communication, a reproché à la Commission de vouloir définir une politique de communication sans base juridique. « Le Livre blanc est un alibi de la Commission pour obtenir plus de fonds, » a été le verdict sévère de M. Herrero.

Benoit Derenne de la Fondation pour les générations futures a présenté l’initiative « Panel de citoyens européens » comme un bon exemple d’une nouvelle technique pour reconnecter l’UE et ses citoyens. Lancé en mai 2006 avec le soutien du Comité des Régions de l’UE, le Panel de citoyens européens a pour objectif de réunir les citoyens de 9 régions pour préparer un rapport sur l’avenir des zones rurales dans l’Europe de demain.

Elodie Fazie, représentant le « Groupe de contact de la société civile« , a indiqué que la participation des citoyens ne peut pas se faire uniquement par le biais de la démocratie représentative et a également prévenu que « plus de participation ne signifie pas toujours une meilleure participation ». Elle a reproché à la Commission la « prolifération des initiatives » et a recommandé le rôle de médiateurs indépendants dans le débat sur l’avenir de l’Europe.

Dans l’après-midi, les 300 participants à la conférence ont assisté à un débat très animé et controversé sur la question de rendre le plan D plus dynamique. 

La vice-présidente de la Commission, Margot Wallström, a ouvert le débat en soulignant les résultats positifs de son plan D. Plusieurs pays ont organisé des débats avec les citoyens et le site web spécial de la Commission a reçu plus de 8000 contributions (« entre 80 et 90% de jeunes hommes », a indiqué la commissaire).

Giles Merritt de Friends of Europe s’est montré moins optimiste. « Ce débat ne nous mène nulle part, » a-t-il déclaré, avant de demander de façon provocatrice : « comment la Commission peut-elle de nouveau enflammer le coeur des citoyens européens? »

Willy De Backer, rédacteur en chef d’EURACTIV, a interprété différemment les « non » français et néerlandais : « Peut-être s’agit-il des premiers véritables signes d’une nouvelle sphère publique européenne? » Faisant référence aux derniers sondages Eurobaromètre, il a demandé s’il était envisageable « que les citoyens soutiennent le projet européen, mais pas ce projet européen. »

Plusieurs membres de l’audience ont également critiqué le manque de vision pour redéfinir le projet européen.

Daniel Spoel du Forum permanent de la société civile, co-auteur d’un livre intitulé « Plan B. Changer la gouvernance européenne », a souligné le gouffre qui sépare le compromis politique tel qu’il est défini dans le traité constitutionnel (« il n’y a que du technique »,  a-t-il déclaré) et les réalités des citoyens. « Il n’y pas de vision de l’avenir, » a conclu M. Spoel.

Dans une dernière réaction au débat, la commissaire Wallström a confirmé son ambition d’impliquer davantage la société civile dans le débat sur l’avenir de l’Europe. « La participation d’une petite élite politique ne suffit plus… nous ne travaillons pas assez avec la société civile. »