Concurrence : l’UE inflige une amende de 329 millions d’euros à Delivery Hero et Glovo

La Commission européenne a infligé une amende de 329 millions d’euros à Delivery Hero et à sa filiale Glovo pour des infractions au droit de la concurrence dans le secteur européen de la livraison de repas.

EURACTIV.com
Delivery Hero
Les deux entreprises ont participé « à une entente dans le secteur de la livraison de repas en ligne », a déclaré Teresa Ribera, commissaire européenne à la Concurrence. [Getty Images/Paul Zinken_picture alliance]

La Commission européenne a infligé lundi 2 juin une amende de 329 millions d’euros à Delivery Hero et à sa filiale Glovo pour des infractions au droit de la concurrence dans le secteur européen de la livraison de repas.

Selon la Commission, entre 2018 et 2022 Delivery Hero, une entreprise basée à Berlin, et la société espagnole Glovo ont adopté des pratiques anticoncurrentielles dans le secteur de la livraison de repas, de produits d’épicerie et d’articles de détail.

Ces pratiques comprenaient le partage d’informations commerciales sensibles, le partage des parts de marché et un engagement à ne pas embaucher les employés de l’autre, a expliqué la Commission, chargée de faire respecter le droit de la concurrence dans l’UE.

Les deux entreprises ont participé « à une entente dans le secteur de la livraison de repas en ligne », a déclaré Teresa Ribera, commissaire européenne à la Concurrence. Elle a souligné qu’il s’agit de la première sanction imposée par la Commission pour un accord de non-débauchage entre entreprises.

Delivery Hero a été condamnée à une amende de 223 millions d’euros, tandis que Glovo a été sanctionnée à hauteur de 106 millions d’euros.

Bruxelles a précisé que les pratiques anticoncurrentielles avaient débuté lorsque Delivery Hero avait acquis une participation minoritaire dans Glovo en juillet 2018. Ces pratiques se sont progressivement étendues jusqu’en décembre 2018, date à laquelle la plupart des formes de coopération ont pris fin, à l’exception de l’accord de « non-débauchage ».

La décision de se répartir les parts de marché et de partager des informations sensibles a repris en janvier 2020 et s’est poursuivie jusqu’à ce que Delivery Hero acquière le contrôle total de son concurrent espagnol en juillet 2022.

L’affaire n’a pas été ouverte à l’initiative d’une entreprise en particulier, mais à la suite de dénonciations et grâce aux mécanismes de surveillance de Bruxelles, a indiqué la Commission.

Bruxelles n’a pas évalué l’impact de ces pratiques sur les consommateurs européens.

Dans un communiqué, Delivery Hero a déclaré avoir « pleinement coopéré » avec la Commission tout au long de l’enquête.

La société a également souligné que le montant total de l’amende était inférieur de 20 % à celui initialement prévu, ce qui, selon elle, reflète la reconnaissance par Bruxelles de « l’intensité moindre des problèmes examinés pendant certaines périodes ».

« L’accord conclu aujourd’hui permet à Delivery Hero de répondre aux préoccupations de la Commission européenne tout en permettant aux parties prenantes de passer rapidement à autre chose », a-t-elle ajouté.

L’exécutif de l’UE a déclaré que les deux entreprises « ont reconnu leur participation à l’entente et ont accepté de régler l’affaire ».

[Édité par Anne-Sophie Gayet]