Concurrence : le projet de fusion entre TF1 et M6 a du plomb dans l'aile
La fusion entre TF1 et M6 est loin d’être faite. Les services de l’instruction du gendarme français de la concurrence ont souligné auprès des deux chaînes les « problèmes de concurrence significatifs » qui découleraient du projet, et y ont donné un avis défavorable.
La fusion entre TF1 et M6 est loin d’être faite. Les services de l’instruction du gendarme français de la concurrence ont souligné auprès des deux chaînes les « problèmes de concurrence significatifs » qui découleraient du projet, et y ont donné un avis défavorable.
Coup dur pour la chaîne TF1 qui souhaite racheter M6. Les services de l’instruction de l’Autorité de la Concurrence (AdlC) chargés d’examiner le dossier ont rendu leur rapport et ils ne voient pas cette fusion d’un très bon œil, à en croire Nicolas de Tavernost, président-directeur général (PDG) du groupe M6 et patron désigné du futur géant de l’audiovisuel.
Leur rapport, qui ne préjuge pas de la décision finale de l’AdlC, met en lumière des « problèmes de concurrence significatifs », en particulier sur le marché de la publicité au sein duquel ce nouveau mastodonte pourrait se trouver en position dominante, et « n’est pas favorable » au projet, a rapporté M. de Tavernost, en marge de la présentation des résultats trimestriels de M6 mardi (26 juillet).
Dans la foulée, TF1 et M6 ont publié un communiqué identique. Selon le journal Les Échos, elles auraient été poussées à communiquer sur ce rapport par l’Autorité des marchés financiers, en raison de ses conclusions qui pourraient être considérées comme une information sensible.
N’en déplaise au gendarme de la concurrence, les deux chaînes « entendent maintenir leur projet tel qu’il a été présenté » au motif que « la nature et l’étendue des remèdes requis dans le rapport d’instruction feraient perdre toute pertinence au projet des parties qui, dans ce cas, l’abandonneraient ».
Elles ont également indiqué qu’elles adresseraient une réponse à l’AdlC d’ici à trois semaines, avant d’être entendues devant le Collège de l’Autorité les 5 et 6 septembre prochain.
Marché pertinent
Les deux premiers groupes de télévision privés français avaient annoncé en mai dernier vouloir fusionner pour peser davantage face aux plateformes américaines comme Netflix, Amazon Prime ou encore Disney+ et pour mieux s’adapter aux nouvelles habitudes de consommation de l’audiovisuelle en France.
Le « statu quo n’est pas possible », s’était justifié le directeur du groupe Bouygues (maison mère de TF1), Olivier Roussat, interrogé en décembre par les sénateurs de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication et de la commission des affaires économiques.
Fusion TF1-M6 : le « statu quo n’est pas possible », selon le directeur du groupe Bouygues
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Dans les faits, Bertelsmann, propriétaire de RTL Group, souhaite céder 30 % de ses parts au sein de M6 au groupe Bouygues, qui deviendrait alors majoritaire à la tête de ce nouveau géant de l’audiovisuel.
Pour se mettre en conformité avec les règles françaises en matière de concentration, qui ne permettent pas à un groupe audiovisuel français de détenir plus de sept fréquences, TF1 et M6 avaient déjà indiqué qu’ils céderaient les chaînes TFX et 6ter au groupe Altice (propriétaire de BFM TV notamment) et libéreront la fréquence TNT de Paris Première.
Mais c’est plutôt sur le marché de la publicité que cela pourrait coincer, à en croire les conclusions rapportées du rapport, qui n’est pas public.
Le nouveau géant audiovisuel pourrait capter plus de 70 % du marché publicitaire de la télévision française.
C’est donc une bataille qui se joue à présent sur le « marché pertinent » que l’AdlC devra évaluer la future position, trop dominante ou non, du futur groupe et prendre sa décision, attendue en octobre.
TF1 et M6 défendent que le marché publicitaire à prendre en compte n’est pas celui de la publicité télévisée traditionnelle, mais doit inclure également la publicité en ligne, ce qui permettrait d’écarter une situation quasi monopolistique.
Au lendemain de ces communiqués, le cours des actions de TF1 et M6 a baissé (environ -4 % pour le premier et -7 % pour le second à 10 h).