Compétitivité : la France veut rattraper l’Allemagne

La part des exportations françaises en Allemagne a diminué de 13%, selon un rapport remis au ministre de l’Industrie.

EURACTIV.fr

La part des exportations françaises en Allemagne a diminué de 13%, selon un rapport remis au ministre de l’Industrie.

Les divergences de compétitivité entre la France et l’Allemagne sont au plus haut. C’est le constat dressé par un rapport remis, jeudi 20 janvier, au ministre de l’Industrie, Eric Besson. 

Part des exportations françaises en Allemagne, prix moyen des produits français, nombre d’entreprises industrielles : dans de très nombreux domaines, les différences entre les deux pays ne cessent de s’accroître depuis le début des années 2000.

La part des exportations françaises outre-Rhin représentent désormais environ 40%, contre 53% il y a dix ans. «Les pertes de parts de marché concernent pratiquement tous les produits et toutes les régions de destination des exportations», peut-on lire dans ce rapport, produit par l’institut d’étude économique Coe-Rexecode.

Situation inédite

Les prix des produits exportés a augmenté d’environ 8% de plus que les exportations allemandes, entre 2003 et 2008. L’étude relève aussi que la divergence sur le solde des échanges de marchandises entre la France et l’Allemagne s’élève à 200 milliards d’euros en faveur de l’Allemagne, soit 10% du PIB français. «La France a perdu au cours des années récentes le seul avantage compétitif qui était le sien, celui des prix moins élevés», relève également le rapport. 

La conjonction de tous ces facteurs crée une «situation inédite [qui] n’est pas satisfaisante, ni pour notre pays, ni pour la cohésion de la zone euro».

Comment expliquer ce phénomène? En 10 ans, le coût moyen de l’heure de travail a sensiblement plus augmenté en France qu’en Allemagne. Par conséquent, les résultats d’exploitations des entreprises ont souffert, en France, de «l’augmentation relative des coûts», selon le rapport. «L’augmentation d’un salarié de 100 euros coûte 175 euros à une entreprise française, contre 155 euros en Allemagne», affirme Eric Besson.

 

Le rapport revient aussi sur le passage aux 35h, en France. «Ce que l’on peut critiquer, c’est surtout la modalité de la réduction de la durée du travail. On ne peut pas la réduire de manière centrale comme cela a été fait. Les besoins des entreprises sont totalement différents», analyse le président de Coe, Michel Didier. 

Pour remédier à cette situation, le texte préconise notamment de prendre en compte «l’impératif de compétitivité» dans toute réforme de la fiscalité, d’accorder une plus grande importance au «capital humain», d’encourager la recherche et de rapprocher des coûts industriels observés dans les deux pays.

«On ne s’en sortira pas seulement en prenant des mesures pour aider les exportateurs», affirme M. Didier.

Quant à Eric Besson, il promet d’examiner ces pistes avec son homologue en charge du travail, Xavier Bertrand. Il donne jusqu’au 30 mai à la Conférence nationale de l’industrie pour consulter ses membres sur ce sujet.

CALENDRIER

  • D’ici à la fin janvier : Remise d’un rapport à Nicolas Sarkozy sur sur la convergence des fiscalités française et allemande
  • 30 mai : Fin de la consultation des membres de la Conférence nationale de l’industrie sur les divergences de compétitivité entre la France et l’Allemagne