Le terrorisme d'extrême-droite, l'autre menace qui plane sur l’Europe
Exclusif. Julian King, le commissaire européen à la sécurité, s’inquiète de la « menace croissante » de violences d’extrême droite après les attentats djihadistes.
Exclusif. Julian King, le commissaire européen à la sécurité, s’inquiète de la « menace croissante » de violences d’extrême droite après les attentats djihadistes.
Julian King, le commissaire britannique, chargé de la sécurité, a participé à un événement de commémoration des attentats qui ont secoué Bruxelles le 22 mars 2016. Le commissaire a pris soin de faire remarquer que tous les attentats nationalistes n’étaient pas le résultat de la violence islamiste, mais a souligné qu’aujourd’hui aucun pays européen n’était à l’abri d’un attentat de l’extrême droite.
Le Britannique a notamment cité le massacre perpétré par Anders Breivik en Norvège en 2011, l’assassinat de la députée britannique Jo Cox durant la campagne précédant le référendum et les attaques visant les centres d’accueil des demandeurs d’asile en Suède et ailleurs en Europe pour souligner ce qu’il qualifie de menace « moins médiatisée ».
Julian King a été nommé à son poste l’an dernier et son intervention à la conférence organisée par la fondation européenne pour la démocratie et le Centre de politiques européen, à l’occasion de la sortie d’un livre sur la radicalisation islamiste en Europe, fait partie de ses rares apparitions publiques. Il a indiqué à un parterre constitué de décideurs politiques et de fonctionnaires qu’outre le djihadisme européen, l’UE ferait bien de « garder également à l’esprit la menace croissance que représente l’extrémisme violent de droite ».
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« Je voudrais juste que l’on s’attarde un moment sur ce sujet. Je pense qu’aucun État membre n’est épargné par l’extrémisme violent de droite », a-t-il insisté. « Le programme d’aujourd’hui se concentre sur la radicalisation djihadiste, mais il faut reconnaitre que les mouvements d’extrême-droite ont un impact sur cette radicalisation. »
« L’an dernier nous avons été témoins d’un nombre de plus en plus élevé d’attentats contre des mosquées et des centres d’accueil », a-t-il renchéri. « Sans compter le meurtre brutale d’un membre du parlement britannique, Jo Cox. »
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« Ce type d’actes ne sont pas moins effarants, mais ont tendance à ne pas recevoir la même couverture médiatique et le même intérêt », a-t-il continué. « Le massacre d’Anders Breivik en juillet 2011 sert aussi de rappel horrible de la destruction dont peut être responsable un seul extrémiste violent. »
Pour les forces de l’ordre, n’est-il cependant pas plus facile de repérer ces individus d’extrême droite que d’infiltrer des cellules terroristes ? Il s’agit d’une question pour les agences de police nationales, a répondu le commissaire.
« Je ne veux pas dire que le terrorisme d’extrême-droite est toujours une réaction directe à un attentat [djihadiste], loin de là, mais c’est parfois le cas », a-t-il ajouté. Le terrorisme d’extrême-droite « existe aussi en tant que tel, nous devons en être conscients et en tenir compte quand nous réfléchissons aux manière de contrer efficacement la radicalisation. La radicalisation prend des formes diverses. »
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Radicalisation islamiste
Julian King estime que depuis 18 mois, de grands progrès ont été réalisé en ce qui concerne l’extrémisme islamiste.
S’il admet que « le portrait romantique du Djihad séduit les esprits des jeunes et des insatisfaits », des « proies faciles », le commissaire a fait remarquer qu’une augmentation impressionnante des suppressions de contenus terroristes en ligne avait eu lieu récemment.
Il a également clairement indiqué que l’UE « n’est pas du tout naïve » en ce qui concerne certains individus qui « voyagent sous le couvert des flux de réfugiés mais qui n’en sont pas et qui sont peut-être bien décidés à commettre des actes violents »,
« La menace existe toujours. Nous tentons de la réduire, mais c’est un travail compliqué et de longue haleine. Nous sommes cependant dans une meilleure situation qu’il y a un an, par exemple », a-t-il assuré. « Nous n’avons pas fermé les frontières, mais nous savons plus ou moins qui entre. Toutes les entrées dans l’espace Schengen disposent de points de contrôle des identités reliés à toutes les bases de données européennes. »
En ce qui concerne la zone Schengen, Julian King se félicite de l’amélioration de la coopération entre les forces de l’ordre, mais explique que ce sont les données biométriques qui seront « la clé » à l’avenir. Le terroriste du marché de Noël berlinois aurait par exemple utilisé 14 identités différentes.