Commissaires européens : la Pologne donne le départ [FR]
La Pologne a dévoilé son candidat pour la prochaine Commission européenne, incitant les autres gouvernements européens à entamer un jeu de chaises musicales, en amont du sommet de cette semaine lors duquel on s’attend à ce que les dirigeants européens soutiennent José Manuel Barroso pour un second mandat de cinq ans à la tête de l’exécutif européen. EURACTIV Pologne a contribué à ce reportage.
La Pologne a dévoilé son candidat pour la prochaine Commission européenne, incitant les autres gouvernements européens à entamer un jeu de chaises musicales, en amont du sommet de cette semaine lors duquel on s’attend à ce que les dirigeants européens soutiennent José Manuel Barroso pour un second mandat de cinq ans à la tête de l’exécutif européen. EURACTIV Pologne a contribué à ce reportage.
Janusz Lewandowski, membre du Parlement européen (PPE-DE) réélu en juin, a été choisi par le Premier ministre Donald Tusk pour remplacer Danuta Hübner, la commissaire actuelle à la Politique régionale. Mme Hübner a gagné un siège au Parlement européen lors des dernières élections européennes.
M. Lewandowski espère obtenir un portefeuille différent dans la prochaine Commission, qui devrait être nommée cet automne. La Pologne cherche à s’assurer soit les Affaires économiques et monétaires, soit le Marché intérieur, soit l’Industrie. Mais les difficultés causées par le pays lors des négociations sur le traité de Lisbonne et la ratification qui l’a suivi pourraient faire obstacle à ses ambitions.
M. Lewandowski, conseiller économique du mouvement Solidarnosc dans les années 1980, a occupé le poste de ministre polonais à la Privatisation à deux occasions (1990-1991 et 1992-1993) et il est l’un des pères de la Bourse de Varsovie.
Eurodéputé lors de la législature précédente, M. Lewandowski a présidé le commission parlementaire du budget les deux premières années et demi, mais il a dû partir lorsqu’un autre Polonais, Jacek Saryusz-Wolski, est arrivée à la tête de la commission des Affaires étrangères.
Selon les médias polonais, M. Tusk avait déjà fait son choix avant le résultat des élections mais son chef de cabinet, S?awomir Nowak, a insisté hier (16 juin) pour dire que la décision n’avait pas encore été prise.
Le nouveau commissaire sera choisi selon le portefeuille, a déclaré M. Nowak. Si c’est celui concernant les marchés, le meilleur candidat est Janusz Lewandowski. S’il est en relation avec les problèmes dont s’occupait la commissaire Hübner, ce sera encore Mme Hübner. Et si c’est un autre portefeuille, qui correspond plus à Jacek Saryusz-Wolski, et bien ce sera Jacek Saryusz-Wolski, a-t-il déclaré sur une radio polonaise.
Danuta Hübner, l’actuelle commissaire polonaise, a gagné un siège au Parlement européen pour la Plateforme civique de centre-droit (PPE) dans la circonscription de Varsovie, même si elle n’est pas membre de ce parti. En 2004, elle était devenue commissaire sous un gouvernement socialiste.
M. Tusk et le Président polonais Lech Kaczy?ski devraient discuter aujourd’hui (17 juin) des chances de Jerzy Buzek de devenir le prochain président du Parlement européen. Le Premier ministre doit convaincre le Président de demander aux eurodéputés conservateur du PiS (Droit et Justice) de soutenir M. Buzek. Les discussions se passent très bien, a déclaré lundi à Gazeta Wyborcza le ministre aux Affaires européennes, Miko?aj Dowgielewicz.
M. Tusk va rencontrer demain (18 juin) le Premier ministre italien, Silvio Berlusconi, en amont du sommet européen, pour le convaincre que son candidat Mario Mauro n’a aucune chance d’être soutenu par les plus gros pays européens (EURACTIV 09/06/09).
Jerzy Buzek deviendrait président pour deux ans et demi, puisque les chrétiens-démocrates partagent généralement le mandat de cinq ans avec les socialistes.
La commissaire sortante Danuta Hübner peut maintenant espérer diriger l’une des commissions parlementaires, probablement celle sur la politique régionale. En conséquence, Jacek Saryusz-Wolski ne présidera probablement pas la commission des Affaires étrangères. Mais l’ancien ministre polonais présidera toujours la faction polonaise du groupe PPE au Parlement, ont déjà confirmé certaines sources dans la nouvelle assemblée européenne.
Nomination des autres commissaires
D’autres Etats membres ont déjà mis en avant le nom de candidats potentiels au poste de commissaire.
Malgré le désir du gouvernement tchèque actuel de nommer un nouveau commissaire tchèque dès que possible, les dirigeants des deux plus importants partis tchèques – l’ODS (centre-droit) et le ?SSD (socio-démocrates de centre-gauche) – ont annoncé leur intention d’attendre jusqu’à la tenue des élections nationales, en octobre.
Cette décision a été critiquée par le Premier ministre Jan Fischer et d’autres membres du cabinet. Interrogé par les journalistes le 15 juin pour savoir s’il n’avait pas peur que tous les portefeuilles importants soient pris au moment où le nouveau gouvernement tchèque se formera, M. Fischer a déclaré qu’il partageait les inquiétudes des journalistes.
Pour ce qui est du nom du prochain commissaire tchèque, les spéculations abondent. Les socio-démocrates ont proposé quelques noms tels que celui de Vladimír Špidla, le commissaire tchèque actuel, Jan Švejnar, un ancien candidat malheureux à la présidentielle (professeur et économiste à l’Université du Michigan), et Pavel Teli?ka, un ancien commissaire et un négociateur lors des discussions de pré-adhésion avec l’UE (il fut commissaire pendant quelques mois avant que M. Špidla ne soit nommé). Mais les Démocrates civiques (ODS) sont indécis et affirme que leur principale priorité concerne le portefeuille. Les noms devraient donc être avancés en fonction de ce dernier, ont-ils expliqué.
Les médias spéculent aussi largement sur le dirigeant de l’ODS, Mirek Topolánek, qui pourrait être intéressé par le poste, mais il a constamment rejeté de telles suggestions.
En France, alors que Jacques Barrot a exprimé son désir de continuer, le Président Nicolas Sarkozy semble soutenir le ministre de l’Agriculture et eurodéputé fraîchement élu Michel Barnier (PPE) comme remplaçant. M. Barnier a été commissaire pour la politique régionale en 2004 et il a coordonné la campagne de M. Sarkozy pour les élections européennes. Il est clair qu’il est en haut de la lsite des candidats potentiels, a affirmé le président français.
Mais certains observateurs ont aussi mentionné le nom de l’ancien secrétaire d’Etat aux Affaires européennes Jean-Pïerre Jouyet, qui préside actuellement de l’Autorité des marchés financiers (organisme de surveillance des marchés financiers français). La France n’a pas fait secret de son désir de se saisir du portefeuille du Marché intérieur actuellement détenu par l’Irlandais Charlie McCreevy. Il s’agit d’une position stratégique puisque ce portefeuille couvre les questions de régulation des marchés financiers, chère au président français, et le rôle actuel de M. Jouyet ferait de lui le candidat parfait.
En Allemagne, la chancelière Angela Merkel a apporté son soutien à son collègue chrétien démocrate, le ministre de l’Intérieur Wolfgang Schäuble. Dans le passé, d’autres responsables politiques de la CDU avaient été pressentis pour le poste, dont Friedrich Merz, Peter Hintze et Elmar Brok.
Après deux mandats, la commissaire suédoise Margot Wallström va se retirer. Entres autres noms, circule celui de Gunilla Carlsson, la ministre de la Coopération internationale au développement, qui pourrait devenir commissaire au Développement.
Ján Figel ne devrait pas rester le commissaire slovaque, étant donnée que son parti politique a quitté le gouvernement. Un nom qui revient régulièrement est celui de l’ambassadeur slovaque auprès de l’UE, Maros Šefcovic.
En Roumanie, les deux partis rivaux de la coalition gouvernementale, le PSD (socio-démocrates) et le PD-L (démocrates libéraux) réclament tout deux le droit de désigner le prochain commissaire. Ils se disputent pour savoir qui a vraiment gagné l’élection, puisqu’ils vont avoir tous les deux le même nombre de députés (11), après que Elena B?sescu, la fille du président, soit retourné au PD-L après sa campagne indépendante réussie.
Une source du PD-L affirme que le président a gagné le soutien de la France et de la Grèce pour un portefeuille d’importance, comme l’agriculture. L’ancien ministre Dacian Ciolos pourrait être nommé à ce poste. M. Ciolos a obtenu son diplôme à l’ Ecole nationale supérieure agronomique in Montpellier (France). L’ancienne ministre de la Justice Monica Macovei est une autre candidate potentielle au poste de commissaire, soutenue par le PD-L de centre-droit.
Dans le camp socialiste, les noms de l’eurodéputé Adrian Severin et de Vasile Puscas (chef du département roumain des Affaires européennes) circulent.
Au Luxembourg, Viviane Reding devrait assumer un troisième mandat et espère conserver le portefeuille de la Société de l’information pour cinq années de plus, alors qu’elle a remporté les élections européennes.
(Les partenaires du réseau ont participé à la rédaction de cet article.)