Commerce extérieur : la France mauvais élève de la zone euro

La zone euro a affiché un fort excédent commercial au mois de juin 2007, ce qui confirme la tendance enregistrée depuis le début de l’année. Cette performance ne concerne pas tous les États membres, notamment la France, dont le déficit s’élève à 16,1 milliards d’euros.

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La zone euro a affiché un fort excédent commercial au mois de juin 2007, ce qui confirme la tendance enregistrée depuis le début de l’année. Cette performance ne concerne pas tous les États membres, notamment la France, dont le déficit s’élève à 16,1 milliards d’euros.

En bref  :

7,8 milliards d’euros. C’est l’excédent commercial dégagé par la zone euro dans ses échanges en juin 2007. Ce chiffre constitue une augmentation de 1,7% des exportations par rapport au mois précédent et de 0,7% pour les importations. L’excédent de juin représente ainsi près de cinq fois celui de mai 2007 (1,7 milliard d’euro).

Ces données ont été publiées, mardi 21 août, par l’Office européen des statistiques, Eurostat.

En un an, les exportations de la zone euro ont enregistré une hausse de 9%, soit une valeur de 128,3 milliards d’euros.

Une baisse des prix de l’énergie, doublée d’une forte croissance des exportations de produits manufacturés de la zone euro, ont permis un tel revirement par rapport à l’année dernière.

Cette performance globale ne vaut cependant pas pour tous les États de la zone. La France a enregistré un déficit lourd (16,1 milliards d’euros), tout comme l’Italie (7,7 milliards). Ces deux pays sont néanmoins loin devant l’Espagne, dont le déficit de 36,9 milliards d’euro est le plus important de tous les pays de la zone euro.

La bonne santé économique des échanges est due essentiellement à l’Allemagne. Le pays affiche à lui seul un excédent commercial de 80,6 milliards d’euros, loin devant les Pays-Bas en deuxième position (16,2 milliards) et l’Irlande (12,7 milliards).

La diversité des balances commerciales des treize pays membres de la zone euro montre que ces résultats sont davantage liés à des causes économiques structurelles, propres à chaque État, qu’à la vigueur de la monnaie européenne.

La théorie, soutenue entre autres par Nicolas Sarkozy, selon laquelle l’euro fort est à l’origine du déficit français apparaît ainsi fragilisée. Selon Clemente de Lucia, économiste à BNP Paribas, « l’euro fort a certes pesé sur les exportations avec les États-Unis, qui sont en légère baisse, mais l’augmentation des exportations avec d’autres pays comme ceux d’Europe centrale et orientale a plus que contrebalancé cette baisse, ce qui explique cette forte hausse de l’excédent commercial dans la zone».

La zone euro enregistre toujours un excédent par rapport aux États-Unis (24,6 milliards), mais celui-ci a légèrement diminué par rapport à l’année dernière (28,4 milliards d’euros). En général, les excédents commerciaux sont liés aux  échanges avec les pays de l’Est. L’Allemagne est notamment l’un des premiers exportateurs vers les PECO, un marché que la France tarde à valoriser.

Les échanges avec la Chine et le Japon demeurent déficitaires pour la zone euro, bien que plusieurs pays européens, tels que la France, cherchent à dynamiser leur commerce avec l’Asie. Bien implantés dans la région, les États-Unis demeurent de rudes concurrents.

Ces chiffres interviennent à quelques jours du Conseil des ministres, prévu vendredi prochain, au cours duquel le premier ministre, François Fillon, doit présenter les mesures fiscales que son gouvernement compte mettre en place afin d’améliorer la compétitivité des entreprises françaises.

Dans un entretien accordé au quotidien Le Monde, mercredi 22 août, François Fillon se dit conscient que son programme demandera parfois quelques sacrifices et impliquera « des négociations sociales qui prennent du temps ». Toutefois, il estime que « le calendrier de travail [du gouvernement] comprendra les réformes structurelles nécessaires pour améliorer la compétitivité ». Des mesures qui visent aussi à accroître la puissance économique de la France dans le monde.