Colère en Italie après les déclarations de Trump selon lesquelles Meloni chercherait à conclure un accord commercial « défiant l’UE »
Une publication du président américain sur les réseaux sociaux a déclenché une controverse en Italie. Dans une vidéo, il laisse entendre que la Première ministre italienne chercherait à négocier un accord commercial directement avec Washington et pourrait réduire le soutien apporté à l’Ukraine.
ROME — La vidéo, produite par Lynne Patton, adjointe au président de la Maison-Blanche, a été partagée sur les réseaux sociaux avec la légende suivante : « Giorgia Meloni défie l’UE et cherche à conclure un accord commercial direct avec Trump. Une initiative brillante ».
Elle sous-entendait que l’Italie pourrait négocier de manière indépendante des exemptions de droits de douane, notamment sur les exportations alimentaires.
Cependant, cette idée n’est pas nouvelle. Il y a quelques mois, le ministre italien de l’Agriculture, Francesco Lollobrigida, évoquait un projet visant à fabriquer de la bresaola italienne à partir de bœuf américain et à la réexpédier aux États-Unis afin d’éviter les droits de douane américains. Ce projet, qui n’était pas conforme aux règles commerciales de l’UE, a ensuite été rejeté.
En parallèle, Rome et Bruxelles poursuivent leurs discussions avec Washington au sujet d’un projet de droit de douane américain de 107 % sur les pâtes italiennes à la suite d’une enquête antidumping.
La publication américaine a suscité de vives réactions de la part des partis d’opposition.
Le député Piero De Luca (Partito Democratico) a qualifié ces déclarations de « choquantes » et a exigé un « démenti immédiat » de la part du gouvernement de Giorgia Meloni.
D’autres figures de l’opposition ont accusé la Première ministre de permettre à Donald Trump de « dicter la politique étrangère de l’Italie », avertissant que toute mesure unilatérale en matière de commerce « compromettrait l’unité européenne ».
De son côté, le gouvernement italien a fermement rejeté ces allégations, soulignant que les négociations commerciales internationales relèvent de la compétence exclusive de l’UE.
Des sources gouvernementales ont précisé que Rome ne menait que des discussions avec Washington concernant les droits antidumping à l’encontre de certains producteurs de pâtes italiens — des discussions décrites comme « complémentaires et non substitutives aux négociations de l’UE ».
Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a également cherché à apaiser les tensions, assurant que l’Italie « continuait à travailler en parfaite coordination avec l’UE et le commissaire [européen au Commerce Maroš] Šefčovič » sur les questions commerciales.