Coalition aux Pays-Bas : Valérie Hayer en « désapprobation totale » avec ses alliés libéraux
Valérie Hayer, tête de liste libérale pour les élections européennes, a fait part de sa « désapprobation totale » face à l’accord gouvernemental aux Pays-Bas, noué notamment entre leurs alliés libéraux du VVD et le parti d’extrême droite PVV.
Valérie Hayer, présidente du groupe Renew (Renaissance) au Parlement européen et tête de liste du camp d’Emmanuel Macron pour les élections européennes, a fait part de sa « désapprobation totale » face à l’accord gouvernemental aux Pays-Bas, noué notamment entre leurs alliés libéraux du VVD et le parti d’extrême droite PVV.
Cet accord a été trouvé mercredi (15 mai) pour un gouvernement de coalition près de six mois après la victoire électorale du leader du PVV, Geert Wilders, qui ne sera pas Premier ministre.
L’accord lie quatre partis, le Parti pour la liberté (PVV) de Geert Wilders, le parti pro-agriculteurs BBB, le nouveau parti anti-corruption NSC et le parti libéral VVD. Lequel siège au sein de Renew au Parlement européen.
« Je tiens à communiquer ma désapprobation totale et ma vive inquiétude quant à l’évolution des discussions autour de la coalition gouvernementale aux Pays-Bas. Le PVV est à l’opposé de ce que nous défendons sur les valeurs, l’état de droit, l’économie, le climat, et bien sûr l’Europe. Une entente avec un tel parti revient à se mettre en dehors des valeurs que nous portons », a écrit Mme Hayer sur X.
« La compromission avec l’extrême droite n’est pas acceptable. Je m’y suis toujours fermement opposée et je continuerai à le faire au Parlement européen. Je réunirai l’ensemble des partis membres de notre groupe dès le 9 juin », a ajouté Mme Hayer.
L’accord de coalition prévoit notamment une politique d’asile « la plus stricte » jamais adoptée aux Pays-Bas, avec possibilité de sortir des règles européennes.
En France, cet accord de gouvernement a déjà reçu les critiques de la tête de liste PS-Place Publique pour les Européennes, Raphaël Glucksmann.
« C’était déjà le cas en Suède : les libéraux, donc le groupe d’Emmanuel Macron, ont fait un accord de gouvernement avec l’extrême droite. Là, ça se passe aux Pays-Bas avec le parti de Geert Wilders qui est un parti extrémiste, pro-Poutine, xénophobe, islamophobe. Ce parti va désormais être dominant dans un accord de gouvernement avec les libéraux », a-t-il dénoncé sur Public Sénat.
Pour M. Glucksmann, Renew doit « exclure les partis qui scellent des accords avec l’extrême droite ». « Sinon, nous surjouer le barrage à chaque élection en France, vouloir réinstaller en permanence ce match entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, Gabriel Attal et Jordan Bardella, quitte à kidnapper les élections à chaque fois, et ensuite au Parlement européen travailler avec des partis qui font des alliances de gouvernement avec l’extrême droite : on est là dans la tartufferie la plus absolue », a-t-il ajouté.