Claude Guéant : «Les citoyens ont souvent le sentiment que l’Europe leur complique la vie»
Evoquant la vision de l’Europe de Nicolas Sarkozy à l’occasion d’une rencontre organisée par le Cercle des Européens, en partenariat avec le magazine l’Express et EURACTIV, le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, est revenu sur les priorités de la Présidence française de l’UE, et notamment sur le projet d’Union méditerranéenne défendu par le président français.
Evoquant la vision de l’Europe de Nicolas Sarkozy à l’occasion d’une rencontre organisée par le Cercle des Européens, en partenariat avec le magazine l’Express et EURACTIV, le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, est revenu sur les priorités de la Présidence française de l’UE, et notamment sur le projet d’Union méditerranéenne défendu par le président français.
En bref :
Peu connu pour son assiduité aux différentes réunions du Conseil des ministres, notamment quand il était ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy est pourtant « un Européen convaincu, qui a bataillé toute sa vie pour la cause européenne » et a vécu « dans la douleur » le rejet du projet de Constitution en 2005, selon son plus proche conseiller, le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant.
Revenant sur les actions menées au niveau européen par Nicolas Sarkozy, Claude Guéant a tenu à rappeler que le président français avait « lancé » le concept de traité simplifié, avec la chancelière allemande Angela Merkel, bien avant d’être élu.
« Il est vrai que le nouveau traité n’est pas très différent de l’ancien », a concédé le secrétaire général de l’Elysée, avant d’ajouter que le texte donnerait cependant à l’Europe « les moyens d’avancer ».
La relation entre l’Europe et les citoyens a également été au cœur de l’allocution du secrétaire général de l’Elysée. Les Européens ont « souvent le sentiment que l’Europe leur complique la vie », a expliqué Claude Guéant. Tout en soulignant que l’UE ne devait pas être le bouc émissaire des intérêts nationaux, il a justifié le principe de préférence communautaire défendu par Nicolas Sarkzoy en s’interrogeant sur certaines actions de la Commission européenne, qui « se bat contre le Small Business Act à la française alors que les États-Unis ont convaincu l’OMC de leur accorder une dérogation à ce sujet ». (Lire EURACTIV 04/10/2007)
Le secrétaire général de l’Elysée a par la suite rappelé quelles seraient les priorités de la Présidence française de l’UE en 2008 : l’énergie et le développement durable, l’immigration, la réforme de la politique agricole commune, la mise en œuvre de la réforme institutionnelle, la défense européenne, et enfin l’Union méditerranéenne. (Lire EURACTIV 09/10/2007 et voir notre section sur la Présidence française)
A une question de l’ambassadeur de Hongrie en France, Laszlo Nikicser, sur l’ordre que la France comptait donner à ses priorités, Claude Guéant a répondu : « Elles sont toutes importantes ».
Mais c’est surtout le cadre et les objectifs de l’Union méditerranéenne qui ont fait l’objet de nombreuses questions. « Il s’agit de prolonger la forme prise par l’Union européenne vers la Méditerranée », a indiqué Claude Guéant. Le maintien de la paix, la préservation de l’environnement, la santé, le développement de la croissance et le dialogue entre les cultures pourraient faire partie des prérogatives de cette union.
Interpellé par les participants sur le lien entre le processus de Barcelone et ce nouvel ensemble, le collaborateur de Nicolas Sarkozy a seulement répondu que les « contours de cette union se formeraient progressivement » et qu’il ne s’agissait pour le moment « que d’une idée », même si l’objectif était de créer « une nouvelle instance qui ait la personnalité juridique ». A noter que l’Union européenne ne disposera de la personnalité juridique qu’après la ratification du traité de Lisbonne.
Au sujet du comité des sages, dont la mission serait de « réfléchir aux frontières de l’Union européenne », Claude Guéant a annoncé que ce groupe, composé de 10 à 12 personnalités du monde politique et intellectuel, verrait le jour prochainement. La création de cette structure, « qui ne conservera peut-être pas son nom », devrait être évoquée par les chefs d’État et de gouvernement lors du Sommet européen de décembre, au cours duquel le traité modificatif sera signé. Le secrétaire général de l’Elysée a part ailleurs rappelé que le texte ne serait pas soumis à référendum.