Chypre pourrait se tourner vers l'UE, la Russie ou la Chine pour un renflouement
Chypre pourrait demander jusqu'à 4 milliards d'euros d'aide d'urgence et s'est tournée vers l'Europe, la Russie et la Chine pour tenter d'obtenir les meilleures conditions, selon la presse du pays qui s'apprête à assumer la présidence tournante du Conseil de l'UE.
Chypre pourrait demander jusqu'à 4 milliards d'euros d'aide d'urgence et s'est tournée vers l'Europe, la Russie et la Chine pour tenter d'obtenir les meilleures conditions, selon la presse du pays qui s'apprête à assumer la présidence tournante du Conseil de l'UE.
Le vice-ministre des affaires européennes, Andreas Mavroyiannis, n'a pas nié que Chypre prévoyait de se tourner vers la Russie et la Chine pour un renflouement.
« Tout est possible », a-t-il expliqué à Reuters. « Il pourrait s'agir d'une combinaison [de prêts bilatéraux et européens]. Je ne sais pas si ce sera la Russie ou la Chine. »
Haravghi, un quotidien qui soutient généralement le Parti progressiste des travailleurs (AKEL), a fait savoir que le pays tentait d'emprunter à un pays tiers qui lui proposerait des « conditions plus avantageuses ». Le quotidien n'a pas cité de nom de pays, mais quatre autres journaux ont mentionné la Russie.
La Russie est un partenaire commercial important pour Chypre et l'année dernière, elle lui a accordé un prêt de 2,5 milliards d'euros à rembourser en 4 ans et demi à un taux de 4,5 %. Le porte-parole du gouvernement, Stephanos Stephanou, a déclaré qu'à l'époque, aucune condition n'était attachée au prêt.
M. Mavroyiannis a précisé que 1,8 milliard d'euros seraient nécessaires dans les semaines à venir pour recapitaliser la Banque populaire chypriote, mais que les autres banques pourraient elles aussi avoir besoin d'argent.
Il a expliqué que si Chypre décidait d'avoir recours au mécanisme de sauvetage de l'UE, elle pourrait demander plus de 1,8 milliard d'euros pour jouer la carte de la sécurité.
« Nous parlons de 3 ou 4 milliards d'euros maximum », a-t-il avancé. Le produit intérieur brut de Chypre est inférieur à 19 milliards d'euros.
Le pays cherche à éviter d'avoir recours aux fonds européens en raison de l'impression négative qu'implique ce type de renflouement, a expliqué M. Mavroyiannis. Les renflouements européens sont assortis de conditions sur la manière de réduire la dette publique du pays concerné.
L'ambassadeur chypriote auprès de l'UE, Kornelios Korneliou, a déclaré la semaine dernière que son pays demanderait sans doute un renflouement, mais qu'il attendait de voir comment évoluait la situation en Espagne. Les dirigeants européens ont décidé la semaine dernière de prêter 100 milliards d'euros à Madrid pour qu'elle sauve ses banques en difficulté.
Amadeu Altafaj, le porte-parole du commissaire aux affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a affirmé à EURACTIV que Chypre n'avait soumis aucune requête pour une aide financière et que, pour l'exécutif européen, rien ne laissait présager que le pays pourrait bientôt s'y résigner.
Les meilleures conditions possible
« Il n'est pas certain que nous déposerons une demande car il reste d'autres options, mais si nous le faisons, nous tenterons d'obtenir les meilleures conditions possible », a déclaré Panicos Demetriades, le gouverneur de la banque centrale chypriote, cité dans la presse.
Chypre reste prudente quant aux conditions qui pourraient être attachées à un renflouement accordé par ses partenaires européens, peut-on lire sur le site Internet du Cyprus Finance Mirror.
Le gouvernement craint surtout que son taux d'imposition des entreprises aujourd'hui à 10 % ne soit revu à la hausse, expliquent les médias. Des mesures d'austérité similaires à celles imposées aux Etats renfloués, dont la Grèce, forceraient par ailleurs le gouvernement à opérer des coupes budgétaires impopulaires en amont des élections prévues en février 2013.
Le recours à un prêt bilatéral ferait sourciller l'UE, surtout que Chypre est censée prendre le relais du Danemark à la tête de la présidence tournante du Conseil de l'UE le 1er juillet.
Moody's a abaissé la note de la dette souveraine chypriote de deux crans, de Ba1 à Ba3, citant le risque croissant que la Grèce sorte de la zone euro et sa situation budgétaire déjà difficile.