Chypre, nouvelle cible des agences de notation
Inquiète de l’exposition du pays au système financier grec, l’agence Moody’s a décidé d’abaisser la note de la dette souveraine chypriote.
Inquiète de l’exposition du pays au système financier grec, l’agence Moody’s a décidé d’abaisser la note de la dette souveraine chypriote.
L’administration chypriote regrettera pendant longtemps son imprudence. Le 11 juillet, une enceinte militaire abritant des armes confisquées à l’Iran explosait, provoquant de graves dommages à la principale centrale électrique du pays située dans le voisinage du bâtiment. Aujourd’hui, le pays paie cette négligence au prix fort.
La réparation de la centrale coûtera presque aussi cher que sa fabrication, soit plus d’un milliard d’euros. Une dépense colossale qui n’a pas échappé à Moody’s, dont la décision d’abaisser la note du pays de A1 à Baa1 découle de plusieurs facteurs.
Dans un communiqué publié le 27 juillet, l’agence de notation s’inquiète de la « situation fiscale » du pays, « aggravée par la destruction accidentelle de la centrale électrique ». Avec une dette évaluée à 61% du PIB, les chiffres tendraient à relativiser les craintes exprimées par Moody’s.
Influence grecque
Mais c’est sans compter les liens toxiques entretenus par Chypre avec son voisin grec. « Les banques chypriotes demeurent fortement exposées au stress macroéconomique et aux obligations du gouvernement grec », résume l’agence, rappelant par ailleurs que près de 40% des prêts accordés par les trois plus grandes banques du pays étaient entre les mains de clients établis en Grèce.
Selon l’agence Fitch, qui avait ouvert le bal fin mai en dégradant la note du pays, l’exposition des banques chypriotes à la dette souveraine grecque avoisinerait 14 milliards d’euros.
Dan son analyse, l’agence Moody’s a cependant quelques mots encourageants : « Si le gouvernement est capable de mettre en œuvre des réformes structurelles à grande échelle », la note souveraine chypriote sera alors réévaluée, précise le communiqué.
Emboîtant le pas à de nombreux autres pays européens, Chypre a justement adopté le 22 juillet un train de mesures visant à alléger ses dépenses publiques.