Chute de 4% de l'aide au développement mondiale, selon l'OCDE
Cette moyenne pour l'année 2012 cache des choix budgétaires contrastés selon les Etats.
Cette moyenne pour l’année 2012 cache des choix budgétaires contrastés selon les Etats.
En 2012, l’aide publique au développement (APD) a chuté pour la deuxième année consécutive et les baisses touchent de plein fouet les pays les plus pauvres.
Ce sont les principaux enseignements des données préliminaires sur l’aide publique au développement publiées par l’Organisation pour le développement et la coopération économique (OCDE) mercredi 3 avril.
« Le repli observé en 2012 est le plus marqué depuis 1997 », note l’OCDE dans un communiqué. 125,6 milliards de dollars ont été versés l’année dernière par les donateurs selon les estimations, soit une baisse de 4% en valeur réelle par rapport à 2011.
Crise de la zone euro
L’aide des quinze pays de l’UE membres du Comité d’aide au développement (CAD) est en baisse de 7,4%. La crise économique expliquerait cette réduction de la participation européenne. Elle a conduit les pays les plus fragilisés à couper leurs budgets. Ainsi l’Espagne (-49,7%), la Grèce (-17%), ou le Portugal (-13,1%).
La France figure parmi les 5 plus généreux donateurs avec les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne, et le Japon, mais en 2012, son aide a baissé de 1,6%.
Seuls l’Autriche, le Luxembourg et la Pologne (hors-CAD) ont augmenté leurs parts en 2012. Le Royaume-Uni s’est engagé cette année à verser 0,7% de son revenu national brut pour sa politique de développement.
Les tendances en Europe divergent du reste du monde. La réduction de l’APD a été moins accusée aux Etats-Unis (-2,8%) quand d’autres pays comme les Emirats Arabes Unis (+30,6%), la Corée du Sud (17,6%), l’Australie (+ 9,1%), l’Islande (+5,7%) et le Canada (+ 4,1%) ont augmenté leur contribution.
En raison des réfugiés fuyant la guerre en Syrie, l’aide au développement comptabilisée pour la Turquie a presque doublé.
http://oecdwash.org/viz/oda2012?cr=dac&lg=en
Les pays les moins avancés, c’est-à-dire ceux dont le niveau de revenu, et l’indice de développement humain sont les plus bas et la vulnérabilité économique élevée, ont vu leurs versements baisser de 12,8 % par rapport à 2011. L’Afrique subsaharienne est particulièrement concernée.
Selon l’OCDE, cette chute jugée « inquiétante » s’expliquerait par le ralentissement des annulations de dettes et la réorientation des prêts vers les pays à revenu intermédiaire ou émergents.
Cette évolution se trouve à rebours de la réforme de la politique de développement européenne qui, à partir de 2014, devrait viser en priorité les pays les moins avancés.
L’aide au développement européenne sera concentrée sur les pays les plus pauvres
Pour le président de l’ONG ONE Guillaume Grosso, il s’agit d’un « véritable lâchage des pays les plus pauvres à 1000 jours de la fin des Objectifs du Millénaire pour le développement ». Fixés en 2000, ces derniers doivent notamment conduire à la réduction de l’extrême pauvreté.