Christine Lagarde plaide pour une modification du pacte de stabilité

Dans un entretien accordé au journal Le Monde, la ministre de l’Économie fait le point sur les conséquences de la crise grecque pour la France et la zone euro.

EURACTIV.fr

Dans un entretien accordé au journal Le Monde, la ministre de l’Économie fait le point sur les conséquences de la crise grecque pour la France et la zone euro.

Pas de plan de rigueur mais “calibrage subtil entre soutien à la croissance et réduction des déficits”. Dans un entretien accordé au quotidien Le Monde daté du 4 mai, la ministre de l’Économie, Christine Lagarde explique que, vis-à-vis de tous les pays de la zone euro, la crise grecque constitue “un rappel à l’impératif de restaurer les équilibres budgétaires en diminuant la dépense et en augmentant la recette.”

En France, Mme Lagarde exclut d’augmenter les impôts mais insiste sur la nécessité de poursuivre le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Sans donner de précisions sur la réforme des retraites, dont les négociations ont commencé, la ministre cite en exemple la Grèce qui a augmenté son âge de départ à la retraite à 65 ans. “Le risque retraite, au même titre que les autres dépenses sociales, est un poste extrêmement important que l’on doit arriver à contrôler”, précise-t-elle. 
 
Christine Lagarde estime également nécessaire de modifier le fonctionnement du pacte de stabilité et de croissance en incluant dans ses critères l’examen de la compétitivité et de la stabilité financière. La ministre indique également qu’il va falloir également “agir de manière plus efficace en cas de dérive de la dette, des déficits ou de la compétitivité”. Pour ce faire, elle préconise la mise en place de “mécanismes de prévention qui permettent de détecter plus tôt le fait qu’un pays risque de commencer à sortir” du pacte. 
 
Revenant sur le rôle des agences de notation pendant la crise, Christine Lagarde déclare qu’elle demandera à l’autorité des marchés financiers d’assurer leur surveillance dans le cadre de la directive européenne qui entre en vigueur le 7 juin. “Les agences de notation doivent réfléchir à des codes de bonne conduite qui soient opérationnels”, explique-t-elle, ajoutant qu’une “reflexion au plus haut niveau” est engagée entre la France et l’Allemagne sur ce sujet comme sur la régulation, la transparence, l’information, les mesures d’urgence. Le sommet franco-allemand du 4 mai devrait être l’occasion pour les deux pays d’évoquer ces sujets.